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Publié par Scientifique

9 réponses aux questions que l’on se pose sur l’orgasme

Mais quelle est donc cette tempête qui nous transporte par-delà les cieux ? Le docteur Sylvain Mimoun répond à nos questions. Et bouscule quelques idées reçues.

ll y a des questions pour lesquelles on voudrait enfin une réponse : clitoridien ou vaginal ? Des curiosités qui rendent perplexes : le point G, vraiment vous y croyez ? Quelques idées reçues auxquelles on voudrait tordre le cou : las la pénétration profonde ! Et une ou deux vérités revigorantes qui font les matinées belles : vieillir n’empêche pas de jouir, au contraire. Bref, l’orgasme mérite qu’on l’observe et le décrive avec attention. Le détail avec le docteur Sylvain Mimoun, andrologue, gynécologue et psychosomaticien, auteur entre autres, de L’Univers masculin (Le Seuil) et Des maux pour le dire (J’ai lu).

Un orgasme : comment ça marche ?

Quelles que soient les stimulations initiales – caresses du corps ou de l’esprit : fantasmes, rêves, etc. – il faut passer par le cerveau pour que l’orgasme survienne. Plus précisément le cerveau des émotions, c’est-à-dire le système limbique. Ce centre de l’orgasme va, par le biais de nombreux neurotransmetteurs, véritables molécules du plaisir (endorphines, dopamine, acétylcholine, etc.), donner cette sensation de bien-être et d’euphorie tant recherchée.

Au niveau du corps, la peau rougit ; la respiration s’accélère, provoque une suroxygénation du sang ; les battements du cœur varient entre 110 et 180 pulsations par minute ; le visage se déforme sous l’effet des contorsions ; le sphincter rectal se contracte de deux à cinq fois tandis que le vagin et quelquefois l’utérus le font, au même rythme, jusqu’à quinze fois. Les sensations éprouvées, plaisir aigu ou plus diffus, varient selon les individus.

La pénétration suffit-elle à provoquer l’orgasme ?

Certaines femmes peuvent parvenir à l’orgasme par la pénétration vaginale uniquement, à condition que lubrification et excitation soient suffisantes. Cela dit, ce que l’on appelle les préliminaires ont pour but de faire monter l’excitation, de stimuler toutes les zones érogènes, en particulier le clitoris, et donc de favoriser la venue de l’orgasme.

Presque toutes les femmes sont clitoridiennes. En revanche, toutes n’accèdent pas à l’orgasme vaginal, même si elles ont, physiologiquement, la capacité de l’atteindre. Il survient souvent après la trentaine, parce que les femmes connaissent mieux leur corps, cernent mieux leurs désirs et s’abandonnent donc plus facilement. L’orgasme clitoridien est classiquement décrit comme plus bref, plus aigu et moins irradiant que le vaginal.

Un orgasme anal est également possible. On suppose qu’il est déclenché par la stimulation du point G par le pénis (voir « Qu’est-ce que le point G ? ») à travers la paroi rectale. On explique également cet orgasme par l’excitation cérébrale que procure cette pratique et par la masturbation à laquelle elle est souvent associée.

L’orgasme peut également être provoqué par la stimulation de zones érogènes diverses, comme les seins, les fesses, le nombril, etc. Tout dépend de l’investissement érotique de notre corps. Il existe même des orgasmes sans contact physique, rarissimes il est vrai, et réservés aux championnes de la concentration et du fantasme.

Combien de temps dure un orgasme ?
Entre dix et trente secondes. Plus on lâche le cérébral au profit des sensations, et plus il est intense et durable.

Qu’est-ce que le point G ?

Ce fameux point, ou zone Grafenberg, du nom du médecin américain qui l’a décrite dans les années 50, est un coussinet situé sur la paroi antérieure du vagin, à quatre ou cinq centimètres de l’orifice vulvaire, et dont la stimulation déclencherait l’orgasme. Il serait l’équivalent féminin de la prostate et pourrait, chez certaines femmes, sécréter au moment de l’orgasme un liquide incolore, inodore, moins visqueux que les sécrétions vaginales, un liquide semblable aux sécrétions prostatiques de l’homme.

Peut-on multiplier les orgasmes ?

Potentiellement, les femmes sont toutes égales devant le plaisir, et physiologiquement programmées pour jouir à l’infini. Dans la réalité, les multi-orgasmiques ne représentent que 5 à 10 % de la population. Les principaux freins au plaisir à répétition : une difficulté à s’abandonner, les barrières d’une éducation rigide et culpabilisante ou un partenaire « peu compétent ». Sur le plan physique, les orgasmes multiples peuvent être obtenus par stimulation clitoridienne puis vaginale, ou par plusieurs stimulations clitoridiennes répétées pendant la durée, plus ou moins importante, de la période de récupération chez la femme. Mais une stimulation clitoridienne trop rapide après un orgasme clitoridien peut se révéler douloureuse.

Il est très rare, en revanche, que les hommes soient multiorgasmiques. D’autant qu’après 35 ans, en moyenne, la période réfractaire s’allonge et la répétition devient plus aléatoire.

Pour l’immense majorité des hommes et des femmes, orgasme et éjaculation vont de pair. Pourtant, physiologiquement, les deux phénomènes sont distincts. Le second survient très peu de temps après le premier, d’où la confusion entre les deux processus. Il existe des orgasmes sans éjaculation, notamment dans la tradition du tantra et des éjaculations sans plaisir intense.

Une pénétration profonde favorise-t-elle les orgasmes ?

La région féminine la plus sensible sexuellement est située à l’entrée du vagin, à quatre ou cinq centimètres sur sa face antérieure. En réalité, ce sont les mouvements de va-et-vient qui, stimulant cette zone, déclenchent l’orgasme.

Cependant, la sensation de fusion entraînée par la pénétration profonde peut permettre aussi de ressentir un plaisir venant de « l’intérieur » qui se propage à tout le corps. C’est ce qui fait toute son intensité. Beaucoup de femmes disent ressentir le même type de plaisir que la pénétration profonde, en associant la stimulation du clitoris à la pénétration. Chez certaines femmes, le contact avec le fond du vagin peut également jouer le rôle de déclencheur. Mais ce contact peut également être source d’inconfort, voire de douleur.

L’intensité des orgasmes diminue-t-elle avec l’âge ?

Il est important de rappeler que notre premier organe sexuel est… le cerveau. C’est le cortex qui reçoit les messages sensoriels et les restitue. Physiologiquement, l’homme et la femme ne sont pas programmés pour connaître une baisse du plaisir. Au contraire, avec l’âge vient l’expérience, une meilleure connaissance de son corps et de celui de l’autre. Dans l’absolu, toutes les conditions sont réunies pour faire du temps un allié de notre sexualité. Cependant, il est vrai qu’au moment de la ménopause, par exemple, le temps de réaction de l’orgasme est plus lent et l’intensité un peu moins grande. La prise d’un traitement hormonal substitutif aide à supprimer ces difficultés.

Peut-on avoir un orgasme en dormant ?
Oui. Les hommes comme les femmes. Autrefois appelés « pollutions nocturnes », ces orgasmes peuvent être déclenchés par des rêves érotiques ou par… une vessie trop pleine. Celle-ci fait pression sur les organes génitaux, ce qui provoque un afflux sanguin et génère

En matière de sexualité, il n’existe ni recettes ni mode d’emploi pour parvenir systématiquement au plaisir. Tout ce que l’on sait, c’est que plus la femme a le contrôle de ses mouvements, mieux elle parvient à l’orgasme. Techniquement, toutes les positions où la femme peut moduler son rythme favorisent la jouissance (l’homme et la femme se faisant face sur le flanc, la femme sur l’homme, etc.). Mais plus que des positions, le plaisir dépend de sa capacité à s’abandonner, de la qualité de la relation et de son imaginaire érotique.

L’orgasme féminin est-il plus intense que celui de l’homme ?

Il est difficile, voire impossible, de répondre à cette question. Masters et Johnson, qui furent les premiers, dès 1966, à étudier scientifiquement les réactions physiologiques, considéraient que l’orgasme féminin était de huit à dix fois plus fort que celui ressenti par les hommes. Mais douleur et plaisir sont difficiles à évaluer, le ressenti étant avant tout affaire de subjectivité.

L’orgasme favorise-t-il la fécondation ?

Cela peut être le cas chez les rares femmes qui ont des orgasmes utérins. Les contractions de l’utérus sont en effet susceptibles de faciliter la montée des spermatozoïdes.

L’orgasme balaie toutes les tensions accumulées dans l’organisme. En libérant cette énergie, il produit également des endorphines appelées les molécules du bonheur. Il peut, entre autres, chasser certaines migraines et autres maux de ventre.

Les bons sentiments font-ils de bons orgasmes ?

Oui et non. Oui, parce que l’amour permet d’être en confiance, de s’abandonner et d’être dans une démarche de recherche du plaisir à deux. Mais non, malheureusement, parce que l’amour seul ne suffit pas à faire naître le désir. Si les hommes, pour la majorité d’entre eux, peuvent plus facilement établir une dissociation entre sensations et sentiments, les femmes ont en général davantage besoin d’un climat affectif et sensuel sécurisant. Mais certaines peuvent toutefois trouver plus facile de s’abandonner avec un partenaire occasionnel plutôt qu’avec un conjoint qui pourrait s’étonner d’une audace soudaine. Ne pas craindre d’être « moralement » jugée peut faciliter le plaisir.

Vocabulaire

L’exquise petite mort
L’orgasme est également appelé « petite mort ». Nous devons cette expression à l’écrivain Georges Bataille qui l’invente dans son roman “Madame Edwarda” (Pauvert). Pourquoi cette analogie ? « L’orgasme est une suspension provisoire du manque et du désir, constate la psychanalyste Janine Revel. Comme la mort, il abolit toutes les tensions spécifiques de la vie. »

Actuellement, les spécialistes de la toxicomanie utilisent aussi le terme de « petite mort » pour désigner l’état extatique du toxicomane en plein « trip ». Mais l’image de la mort accolée à la volupté ne date pas d’hier. « Je meurs entre les bras de mon fidèle amant. Et c’est dans cette mort que je trouve la vie », écrivait, au XVIIe siècle, Hortense de Villedieu dans un poème intitulé “Jouissance”.
(Isabelle Taubes)

Nirvana : le feu cosmique du tantrisme
Et si grimper au septième ciel était non seulement l’image populaire de l’extase sexuelle idéale, mais aussi une réalité ? C’est ce qu’affirme le tantrisme, l’une des plus anciennes traditions spirituelles de la planète. Parfois assimilé chez nous, à tort, à une « sexualité débridée », le tantra trouve sa source dans la vallée de l’Indus, il y a environ cinq mille ans.

Le principe : pour accéder au nirvana, la connaissance intellectuelle ne suffit pas. Il faut expérimenter en direct la force illuminante de l’énergie cosmique ! Or, en matière d’énergie, rien de telle que la sexualité… Le hic ? Ce n’est pas d’une énergie libidinale et bestiale dont il est question, mais de la « shakti », le principe féminin par excellence, que tout être humain – hommes y compris – porte en lui. Or, la shakti est si puissante qu’il faut la maîtriser. Pour y parvenir, les pratiquants du tantra doivent se soumettre chaque jour à trois types d’exercices différents : la purification du corps, la méditation et le yoga. Chaque posture, pratiquée en couple ou en groupe, nu ou habillé, permet de bloquer l’orgasme pour canaliser l’énergie sexuelle lovée dans le bas-ventre et la faire remonter le long de la colonne vertébrale jusqu’au sommet du crâne. C’est la « kundalini », un véritable feu qui embrase le corps et l’âme, disent les spécialistes. Et gare à ceux qui tente d’ouvrir les portes du paradis sans entraînement : ce feu est capable de ravager les corps et les esprits.
(Erik Pigani)

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