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Publié par Scientifique

Quatre nouveaux éléments chimiques découverts !

Le célèbre tableau de Mendeleïev, qui répertorie l'ensemble des atomes connus, compte désormais sept lignes complètes. Explications.

C'est une annonce de nature à conduire au renouvellement de l'ensemble des manuels de chimie ! Le célèbre tableau des éléments chimiques, ou tableau de Mendeleïev – du nom du scientifique russe qui en a produit la toute première version en 1869 –, vient de s'enrichir de quatre nouveaux éléments. De sorte que sa septième ligne affiche désormais complet. Ces nouveaux venus numérotés 113, 115, 117 et 118, selon leur nombre atomique – c'est-à-dire le nombre de protons présents dans leur noyau –, sont en revanche bien trop lourds, et surtout instables, pour exister dans la nature. C'est pourquoi les chercheurs des quatre coins du monde ont dû ruser et s'armer de patience pour réussir à les faire apparaître, même très furtivement, dans leur laboratoire, grâce à des accélérateurs de particules.

Néanmoins, les efforts de deux équipes ont fini par payer, couronnés de succès par l'Union internationale de chimie pure et appliquée (IUPAC) qui vient de reconnaître officiellement leurs découvertes. La première équipe russo-américaine, issue d'une collaboration entre l'Institut unifié de recherche nucléaire de Doubna en Russie et du Laboratoire national Lawrence Livermore en Californie, s'est vu décerner la paternité des éléments 115, 117 et 118. Tandis qu'une équipe japonaise conduite par le professeur Kosuke Morita, de l'institut de recherche scientifique Riken, a emporté celle de l'élément 113.

Une première pour un pays asiatique

Pour cette toute première équipe asiatique à découvrir officiellement un élément chimique du tableau de Mendeleïev, la décision de l'IUPAC récompense sept longues années de labeur. Car, si Kosuke Morita pensait dès 2004 avoir fabriqué l'élément 113 en bombardant une fine couche de bismuth (élément 83) avec des ions zinc (élément 30) filant à environ 10 % de la vitesse de la lumière, les preuves qu'il apportait n'avaient pas été jugées suffisantes. Il lui aura fallu provoquer deux autres apparitions, dont une basée sur une tout autre expérience consistant à envoyer un faisceau de sodium (élément 11) contre une cible de curium (élément 96), pour parvenir à convaincre. Voilà qui donne un mince aperçu du casse-tête auquel ces explorateurs de l'infiniment petit se sont confrontés.

Qu'importe, le jeu en valait largement la chandelle puisque, mieux qu'une médaille d'or aux Jeux olympiques, ces scientifiques vont désormais avoir l'immense honneur de baptiser ces nouveaux éléments chimiques, provisoirement appelés ununtrium (113), ununpentium (115), ununseptium (117) et ununoctium (118). Pour l'élément 113, l'appellation « japonium » est d'ores et déjà évoquée. Mais Kosuke Morita veut prendre le temps d'y réfléchir à deux fois. Il faut dire que l'enjeu est de taille.

En attendant, le Japonais et son équipe sont déjà lancés à l'assaut des éléments 119 et 120, dans l'espoir d'atteindre, peut-être, ce que les chimistes appellent « l'île de la stabilité » prédite par la théorie, à savoir des combinaisons de protons et de neutrons donnant des atomes lourds mais stables. Alors que, jusqu'ici, tous les atomes plus lourds que l'uranium (élément 92) que les hommes ont réussi à faire apparaître se sont presque aussitôt désintégrés.

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