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Publié par Scientifique

Comment bien préparer la rentrée pour les enfants allergiques ?

Quand son enfant risque de doubler de volume ou de finir aux urgences pour une noix, la rentrée rime (encore plus !) avec anxiété. Préparer le plateau-repas sans lait, s’assurer que la ventoline a sa place dans le cartable, dialoguer avec les enseignants pour gérer quotidien et sorties, l’entrée et le retour à l’école peut ressembler à un casse-tête pour les parents. Comment assurer une rentrée sans heurt pour les enfants allergiques ?

La rentrée de tous les dangers

Mieux vaut rester vigilant les premières semaines sur les petits boutons, car la rentrée reste un moment clé où les allergies peuvent se déclarer. « C’est la rentrée de tous les risques », prévient Nhân Pham-Thi, allergologue à l’Institut Pasteur. D’abord parce que le retour ou la découverte de la collectivité s’accompagne souvent de mouchoirs et autres crises d’asthme. « Qui dit collectivité dit aussi infection virale surtout à l’automne, reprend Nhân Pham-Thi. Or un simple rhume aggrave l’allergie. » Autre facteur de risque : les enfants changent d’environnement. « De retour en ville, ils sont à nouveau au contact de la pollution. Et dans les classes, ils sont sensibles aux produits d’hygiène », poursuit le médecin.

Demander un Projet d’Accueil Individualisé

D’abord, garder la tête froide, car « le stress chez l’enfant peut également jouer dans l’apparition ou l’aggravation des symptômes », souligne l’allergologue. Ensuite, consulter le médecin traitant de l’enfant qui évalue les risques et les besoins pour suivre une scolarité normale. Et depuis 2003, les familles peuvent solliciter le directeur d’école ou le chef d’établissement pour concevoir un Projet d’Accueil Individualisé (PAI). Un document qui doit être signé par le directeur d’établissement, le médecin et les parents, afin de mettre en place tout ce qui permettra à l’enfant d’évoluer dans l’école sans danger : médicaments à disposition, horaires aménagés, menus adaptés… Au Ministère de l’Education nationale, on précise que « c’est à la famille de demander le PAI et le document ne précise pas la pathologie, mais seulement les besoins de l’enfant. » Sauf si parents et enfants préfèrent spécifier la maladie.

Selon le ministère, cette solution a fait ses preuves depuis des années. « L’école, ce n’est pas l’hôpital, souligne Jaya Benoit, médecin scolaire dans l’Essonne. Comme il n’y a pas de médecin sur place en permanence, il faut que les enseignants puissent réagir. » C’est donc le PAI, renouvelé à chaque rentrée, qui définit quelle conduite tenir, quand appeler le 15, qui joindre en cas de crise. La famille fournit alors le traitement prescrit, rangé dans une pochette nominative et connue de tous les enseignants, animateurs du périscolaire et chefs d’établissement. « Mais ils ne peuvent pas se servir d’une seringue ou faire une interprétation », reprend Jaya Benoit, présidente de l’Association des Conseillers Médicaux de l’Education nationale, qui rappelle que 2.000 médecins scolaires suivent les 12 millions d’élèves français.

Les allergies alimentaires difficiles à gérer

« Pour l’asthme, le PAI est très rassurant, d’autant que dans les écoles ils n’ont pas le droit de donner même un doliprane, alors pour des pathologies plus lourdes et chroniques… », souligne Véronique, dont le garçon de sept ans souffrait d’asthme, d’allergies alimentaires et aux pollens. En revanche, elle a de quoi critiquer la prise en charge des allergies alimentaires. Pendant quatre ans, son quotidien ressemblait « à un chemin de croix. Il fallait qu’on fournisse un panier-repas chaque midi et un gâteau à chaque anniversaire rien que pour lui. Les deux premiers mois, mon fils ne pouvait aller à la cantine. Pas simple quand on travaille… Ensuite il a eu droit à des paniers repas, ce qui est assez discriminatoire. Puis il a bénéficié de menus adaptés. C’était génial, il se sentait comme les autres. » Et les chefs cuisiniers trouvent des astuces pour accrocher discrètement la photo des enfants allergiques côté cuisine ou leur donner un plateau rouge pour ne pas faire d’impair. Mais cette adaptation pose parfois problème. « A la rentrée dernière, la ville a changé de politique et ça a été le retour au panier-repas, même pour des enfants allergiques uniquement aux kiwis… Je n’étais pas prévenue et le jour de la rentrée, on m’a appelé à 11h30 pour me dire que mon gamin n’aurait droit qu’à un verre d’eau ! »

« Quand on demande un plateau repas aux parents, parfois ça coince, reconnaît Jaya Benoit, médecin scolaire. Et il arrive même que les parents doivent confier leurs couverts et leur pain pour éviter tout contact avec les aliments allergènes. Mais ça se passe bien quand c’est bien expliqué. Et on conseille souvent aux parents, qui ont les menus de la semaine en avance, de préparer à peu près les mêmes plats pour éviter le sentiment de discrimination. »

Une augmentation et aggravation des allergies

Une remise en cause d’autant plus importante que les allergies prolifèrent, surtout chez les enfants. Selon l'Association Française pour la prévention des allergies, (AFPRA), 10 à 12 % des enfants et adolescents français souffrent d’allergies. Et le ministère de constater une hausse des demandes de PAI : 173.000 en 2011-2012 et 202.000 en 2012-2013. « On constate une augmentation des symptômes depuis une dizaine d’années, mais également une diminution de l’âge et une accentuation de la sévérité des crises, confirme Nhân Pham-Thi, allergologue et pneumo-pédiatre à l’Institut Pasteur. Les rhinites allergiques apparaissaient ainsi vers 7 ou 8 ans il y a quelques années, quand elles commencent dès 3 ans aujourd’hui ». : l’Association Française pour la prévention des allergies

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