Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Scientifique

Le risque de développer une fibrillation atriale diminuait de 10 à 20 % chez les personnes consommant entre 30 et 90 grammes de chocolat par semaine.

Bonne nouvelle pour les gourmands. Le chocolat, déjà réputé stimuler les méninges, booster la libido…, préviendrait l’apparition de la fibrillation atriale, le plus fréquent des troubles du rythme cardiaque. Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs danois ont suivi pendant 13,5 ans plus de 55.000 personnes âgées de 50 à 64 ans participants à une étude sur alimentation et cancer. Près de 3400 personnes ont développé un trouble du rythme sur cette période. Mais selon l’étude publiée dans la revue spécialisée Heart, le risque de développer une fibrillation atriale diminuait de 10 à 20 % chez les personnes consommant entre 30 et 90 grammes de chocolat par semaine (une tablette de chocolat pèse généralement 100 grammes). «Ces résultats sont intéressants et peuvent s’expliquer par les effets antioxydants et anti-inflammatoires du chocolat. Mais attention de ne pas en manger en grandes quantités car le chocolat est très calorique», met en garde le professeur Deharo, cardiologue à l’hôpital de la Timone à Marseille. En effet, la prise de poids fait le lit de la fibrillation atriale, tout comme le diabète.

Risque de faire un AVC

Le principal facteur de risque de ce trouble du rythme qui touche 750.000 personnes en France demeure cependant le vieillissement: après 80 ans, une personne sur dix est concernée. Cette pathologie se traduit par la contraction anarchique des cavités supérieures du cœur, ce qui entraîne une contraction rapide et irrégulière des ventricules situés juste en dessous des oreillettes. Cette contraction inefficace va provoquer une stagnation du sang à ce niveau, avec pour conséquences une diminution du rythme cardiaque ou un risque de formation de caillots sanguins responsables d’accidents vasculaires cérébraux. La fibrillation atriale multiplierait par 5 le risque de faire un AVC. «C’est son association avec d’autres facteurs de risque vasculaires comme l’hypertension, le diabète, les antécédents d’infarctus, l’artériopathie des membres inférieurs, l’âge qui est particulièrement dangereuse. Tous ces facteurs viennent alors se potentialiser», précise le professeur Deharo.

Est-ce que les spécialistes prescriront demain quelques carrés de chocolat, noir de préférence, car plus riches en flavonoïdes, antioxydants pour prévenir ce trouble du rythme? C’est ce que laisse penser l’étude danoise. Le professeur Jean-Claude Deharo tempère cependant ces résultats. «Comme toute étude observationnelle, elle a immanquablement des biais. Il est donc impossible à ce stade d’établir un lien de causalité entre la consommation de chocolat et la prévention de la fibrillation atriale. C’est une piste qui mériterait d’être confirmée par des études rigoureuses.» Dans un éditorial accompagnant l’étude, des médecins du Duke Health Hospitals reviennent sur ces biais. Ils rappellent notamment que les mangeurs de chocolat de l’étude étaient plus instruits, facteur qui implique généralement un meilleur état de santé. De plus, l’étude ne prenait pas en compte d’autres facteurs de risque de fibrillation auriculaire tels que les maladies rénales et les apnées du sommeil.

Commenter cet article