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Publié par Scientifique

Pour montrer les méfaits du tabac sur la santé, une infirmière américaine a mis en ligne une vidéo qui compare les poumons d’un fumeur à ceux d’un non-fumeur.

«Fumer tue»: après les slogans sur les paquets de cigarettes, voici la preuve en images. Le 23 avril, Amanda Eller, une infirmière de Caroline du Nord, a publié sur son compte Facebook la vidéo d’une expérience singulière. Avec des collègues, elle a comparé l’état de deux paires de poumons, l’une ayant appartenu à un gros fumeur (20 cigarettes par jour pendant 20 ans), l’autre à un non-fumeur. Et la différence pourrait donner envie aux fumeurs d’écraser leur dernière cigarette.

Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir

Les poumons du fumeur se reconnaissent aisément: ils sont noirs avec des marbrures blanches, tandis que ceux du non-fumeur arborent une couleur rosée. Couleur jugée quelque peu irréaliste par le Dr Gilles Dixsaut, pneumologue et chef de département à l’Institut National du Cancer, qui estime que «les environnements extérieurs et intérieurs dans lesquels nous évoluons ne nous permettent pas d’avoir des poumons si propres».

Pour simuler une respiration, les auteurs de la vidéo commencent par aboucher une pompe aux poumons du fumeur, avant d’y injecter de l’air. Ils font ensuite de même avec les poumons rosés. Et là encore, le résultat est sans appel. Alors que les poumons du fumeur peinent à se gonfler, les poumons sains, eux, triplent allègrement de volume.

 

 

Lorsque la pression de l’air est relâchée, les poumons noirs se dégonflent bien plus vite que leurs voisins, signe que l’organe a perdu en élasticité. Dans la vie réelle, ce phénomène se traduit par un essoufflement, dû à la nécessité pour les fumeurs de respirer plus souvent pour avoir suffisamment d’oxygène.

 

 

La BPCO, la maladie des fumeurs

Élasticité perdue, expiration quasi instantanée, couleur noirâtre…Visiblement, ces poumons ayant appartenu à une personne qui souffrait de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) ne sont plus en état de fonctionner. Cette maladie pulmonaire chronique, caractérisée par la disparition progressive du souffle, apparaît insidieusement. Les voies aériennes et les alvéoles des poumons commencent par se déformer et elles perdent leur élasticité. Les membranes qui séparent les alvéoles sont alors progressivement détruites. En conséquence, les parois des bronches s’épaississent et la quantité de mucus augmente, ce qui obstrue les voies respiratoires. «Dans 80% des cas, la maladie est causée par le tabagisme», précise le Dr Gilles Dixsaut.

Des voies respiratoires qui font plus que leur âge

Mais la BPCO n’est pas le seul risque lié au tabac. Essoufflements, toux, bronchites chroniques, aggravation des cas d’asthme et cancers des voies respiratoires peuvent aussi en être les conséquences. Plus la consommation est importante, plus le risque de développer des maladies infectieuses (otites, sinusites ou pneumonies) l’est aussi. Sans parler des dangers pour le système cardiovasculaire.

En cause? Le vieillissement prématuré des voies respiratoires, notamment dû à la liste des composants d’une cigarette, explique le Dr Gilles Dixsaut. Et cette liste est longue: polonium (produit radioactif), goudron (produit cancérogène), gaz irritants (qui facilitent l’action des produits cancérogènes) et particules, sans compter les dizaines d’autres substances toxiques au rendez-vous lors de la combustion de la cigarette.

Et, une fois les troubles enclenchés, impossible de faire machine arrière. «Les conséquences du tabac sur nos voies respiratoires ne sont pas réversibles. En arrêtant de fumer, on peut ralentir l’évolution de ce vieillissement accéléré mais on ne peut pas revenir dessus», met en garde le pneumologue. Alors, «voulez-vous toujours fumer?» questionne l’infirmière américaine.



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