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Publié par Scientifique

http://www.geo.fr/var/geo/storage/images/media/images/rubrique-geo-infos/images-une-actu-une-question/invasion-d-algues-vertes/495184-1-fre-FR/invasion-d-algues-vertes_940x705.jpg

 

Sous l’effet du soleil, les échouages ont repris plus tôt et avec plus de vigueur que l’an passé.

 

Rien n’y fait. Les nitrates agricoles continuent de nourrir la «marée verte» en Bretagne. Cette année, la prolifération d’algues est précoce, même si elle reste très localisée. La préfecture de région a sonné l’alerte dès le 7 mai en annonçant «d’importants échouages» dans le Finistère et les Côtes-d’Armor. En cause, des conditions climatiques «très favorables au développement des algues : un fort ensoleillement, de la chaleur et peu d’agitation liée au vent et à la houle».

 

Cheval. Depuis le début de l’année, 3 300 tonnes d’algues ont été enlevées dans le Finistère et 4 300 tonnes dans les Côtes-d’Armor, dont 4 000 dans la seule baie de Lannion, là où le Premier ministre, François Fillon, s’était rendu, en août 2009, après la mort d’un cheval par asphyxie. Les algues ne font pas que défigurer les plages et décourager la baignade : elles dégagent de l’hydrogène sulfuré, un gaz qui peut être fatal à haute concentration. Bref, elles font une bien mauvaise pub, juste avant le début de la saison touristique. René Ropartz, maire de Saint-Michel-en-Grève, l’une des communes concernées, se veut néanmoins optimiste. «Nous disposons de moyens beaucoup plus importants qu’avant pour le ramassage, se félicite-t-il. Des travaux ont été effectués pour qu’il n’y ait plus de zones où les algues s’accumulent sans que l’on puisse les ramasser. Reste l’inconvénient des engins sur la plage.» Les dégâts sur le tourisme sont scellés depuis longtemps et sa commune, qui a compté jusqu’à six hôtels et n’en a plus qu’un seul, ne peut guère «aller plus bas».

 

Autres zones touchées : les plages du Ris et surtout de Trezmalaouen, dans la baie de Douarnenez (Finistère), qui ont dû être fermées le temps que le ramassage soit terminé ou que la mer reprenne ce qu’elle a déposé. «Environ 600 tonnes ont été ramassées mais il n’y a là rien d’exceptionnel et toutes les plages n’ont pas été touchées, relativise François Doublet, directeur des services de la communauté de communes. Aujourd’hui, elles sont parfaites, sans une algue verte.»


Mais la menace est toujours présente et le maire de Kerlaz, où se trouve la plage de Trezmalaouen, a déjà fait part de son désarroi face au coût du ramassage, qui avoisine les 13 500 euros. Du côté de Saint-Michel-en-Grève, même mutualisé entre quatre communes et pris en charge à 50% par l’Etat, le coût du ramassage et du traitement des algues, qui sont répandues sur des terres agricoles ou traitées sur la plateforme de Launay-Lantic, près de Saint-Brieuc, reste épineux. «Il en coûte entre 8 et 10 euros par mètre cube pour l’épandage et entre 30 et 35 euros pour le traitement, détaille Joël Lejeune, président de la communauté d’agglomération. Nous avons attaqué l’Etat en 2010 devant le tribunal administratif et attendons que nos recours soient examinés. Nous sommes victimes, pas responsables.»


«Efforts». Après la campagne de France Nature Environnement montrant un enfant pataugeant dans les algues, les professionnels du tourisme ont de quoi s’alarmer. «L’économie touristique a été durement touchée à certains endroits, mais le ramassage a été amélioré et les gens qui viennent en Bretagne savent désormais que le problème est très localisé, se rassure Didier Simon, directeur de l’office du tourisme de Saint-Brieuc. Tout le monde fait des efforts, y compris les agriculteurs, qui sont de plus en plus conscients du problème».


Mais les mesures visant à réduire dans les sols les excès d’azote provenant des élevages porcins laissent encore à désirer. Surtout dans la baie de Saint-Brieuc, où le projet a été jugé insuffisant par le comité scientifique de suivi, composé de 19 experts. «Une provocation», se sont emportés début avril les agriculteurs. «Ils reviendront autour de la table», temporise un défenseur de l’environnement qui a noté la «fermeté» encourageante du préfet de région, Michel Cadot, sur ce dossier empoisonnant.

 

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