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Publié par Scientifique

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Pour éveiller un enfant à des problématiques aussi complexes que la question environnementale, il faut savoir passer par des chemins de traverse...

«Les enfants sont très attentifs au message environnemental», assure Sophie Pilon, enseignante en classes de CE1 et CE2. Et pour favoriser cet apprentissage, elle emmenait en septembre dernier l’une de ses classes au festival «Césarts fête la planète», dans le Val d’Oise. Un moment dédié à l’environnement dont deux journées étaient consacrées aux enfants, spectacles et jeux à l’appui. «A l’issue de la journée, j’ai demandé aux élèves ce qu’ils en avaient retenu et c’est la thématique de l’eau qui est ressortie du débat. Les enfants étaient très impliqués car ils se sont identifiés aux personnages des spectacles auxquels ils ont assisté, et ça a été plus facile de retenir leur attention.»

A l’issue de recherches poussées et de délibérations aussi houleuses que passionnées, est ressortie la question suivante: «La surface du globe est majoritairement recouverte d’eau salée. Peut-on vivre avec de l’eau salée?» En s’appuyant sur cette interrogation, émise et voulue par les enfants, l’enseignante a mis au point un protocole expérimental pour tenter d’y apporter une réponse. «Nous avons deux plants de salades dans la classe: un que l’on arrose à l’eau salée, et un autre à l’eau douce. Les enfants se sont passionnés. Le plant de salade à l’eau salée est à l’agonie et l’expérience est en train de porter ses fruits…»

 

«Faire travailler son imaginaire»

Parler d’environnement à des juniors n’est donc pas un jeu d’enfant. Ou plutôt, si. L’expérience de cette classe en témoigne. Car aborder la chose de manière frontale serait aussi fructueux que d’essayer de faire pousser des courgettes dans une cave. Dans la classe de Sophie Pilon, les enfants étaient au cœur d’un protocole expérimental et ludique et c’est ça qui a fait que la mayonnaise a pris facilement, explique encore la prof.

«L’enfant a besoin de faire travailler son imagination, corrobore Jean Moritz, directeur de la Compagnie Pile Poil (1), une troupe de théâtre spécialisée dans la sensibilisation au développement durable. Les messages abstraits lui passent au dessus de la tête.» Jean Moritz est persuadé que les artistes ont un rôle à jouer dans la sensibilisation des enfants au thématiques environnementales. «Notre rôle est d’éveiller, via des outils décalés comme l’humour, le rêve, la musique, la clownerie. Mais nous ne sommes pas des donneurs de leçons et ça ne peut pas se suffire, il faut un travail pédagogique en aval.»

 

«On apprend mieux en s'amusant»

L’art et l’imaginaire comme supports pédagogiques et didactiques? Emmanuel Couratin et Vanessa Pancrazi, respectivement auteur et illustratrice de contes (2), en sont convaincus. «Les démarches ludique et pédagogique sont indissociables, estime Emmanuel Couratin. Et puis c’est toujours plus beau de prendre des biais, on apprend mieux en s’amusant. Les enfants n’ont pas envie de recevoir des leçons de morale.»

Rien de très neuf finalement, puisqu’un certain Anatole France en avait déjà fait sa maxime à la fin du XIXe siècle. Mais attention, puisqu’une fois qu’ils seront au fait de la question environnementale, vos enfants ne vous lâcheront plus d’une semelle et traqueront vos moindres faux pas dans les gestes du quotidien.

 

 

1 - La Compagnie Pile Poil se produit tous les jours en déambulation dans Calvi, du 27 au 31 octobre.

2 - Emmanuel Couratin et Vanessa Pancrazi dédicacent leur conte «Tino à la poursuite du déchêt vert» ce samedi 27 à 11 heures à Calvi.

Antoine Galindo

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