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Publié par Scientifique

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En cas d'urgence ophtalmologique, il faut retirer les lentilles de contact au plus vite et bien rincer les yeux au sérum physiologique.

«Avant d'en savoir plus sur la cause de leurs tracas, les porteurs de lentilles doivent impérativement troquer ces dernières contre leur paire de lunettes», insiste le Dr Laurent Benzacken (CHU Aulnay-sous-Bois). «Ils doivent aussi apporter leurs lentilles et leur boîtier avec eux car en cas de suspicion d'infection oculaire, leur analyse bactériologique sera bien utile à l'ophtalmologiste», note le Pr Marc Muraine (CHU Rouen).

En cas de corps étranger dans l'œil, il n'y a aucun risque à bien rincer au sérum physiologique, à condition de ne pas frotter. S'il s'agit d'une poussière ou d'un minuscule débris végétal, cet indésirable a toutes les chances d'être évacué lors du rinçage de l'œil. La vision est parfaitement normale et l'incident, juste un mauvais souvenir. «Rincer abondamment, même avec l'eau du robinet à défaut de sérum physiologique, est aussi le seul bon réflexe à avoir en cas de brûlure par un produit chimique, mais cette fois, comme ce ne sera pas suffisant, une consultation de toute urgence s'impose également», poursuit le Pr Muraine.

 

À l'inverse, mieux vaut s'abstenir de rincer un œil après un traumatisme, car rien ne dit qu'une plaie perforante ne s'est pas formée: le liquide pourrait alors pénétrer vers des structures plus profondes. On ne doit pas non plus chercher à ouvrir un œil de force, frotter l'œil avec les mains (même si c'est un réflexe) et encore moins avec une compresse ou du coton. On ne doit jamais chercher à retirer un corps étranger, même bien visible, avec une pince à épiler. Enfin, il ne faut pas jouer aux apprentis sorciers en ressortant un ancien traitement: «Un collyre corticoïde autrefois prescrit pour une allergie risquerait surtout de faire flamber une infection oculaire virale et, pourtant, les deux se traduisent par des rougeurs et des douleurs», poursuit le Dr Benzacken.

Gain de temps

«Quand l'urgence est probable du fait de la présence de signes d'appel - baisse ou déformation de la vision, douleur, rougeur - et/ou de notion de traumatisme ou d'agression oculaire, il y a toujours moyen d'être vu rapidement», rassure le Dr Esther Blumen-Ohana (hôpital des Quinze-Vingts). Les besoins sont importants: en région parisienne, les trois plus gros centres d'accueil des urgences ophtalmologiques - l'Hôtel-Dieu, les Quinze-Vingts et la Fondation ophtalmologique Rothschild - recevaient déjà plus de 100.000 personnes par an il y a quelques années. «Pour assumer toutes ces consultations imprévisibles au milieu d'un emploi du temps déjà bien surchargé, les ophtalmologistes libéraux délèguent la réalisation des examens à des orthoptistes et reçoivent dans la foulée la victime du problème oculaire, avec divers renseignements utiles au diagnostic comme le côté atteint, l'acuité visuelle, la pression de l'œil, la photo de la rétine, etc. De quoi gagner un temps précieux et désencombrer les centres hospitaliers qui sont déjà débordés», explique le Pr Paul Dighiero (Paris).

Par ailleurs, certains examens qui se sont bien démocratisés au cours de ces dernières années permettent encore de gagner du temps. «C'est le cas des rétinographies qui donnent un aperçu immédiat de l'état de la rétine. Ou encore, pour les diagnostics compliqués, de la tomographie par cohérence optique, qui analyse les différentes structures de l'œil, depuis la cornée jusqu'au nerf optique, à l'échelle cellulaire et permet de mettre en place le traitement adapté dans les plus brefs délais», explique le Pr Dighiero.

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