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Publié par Scientifique

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Les moins de 18 ans sont les plus touchés par l'épidémie et pourtant il ne font pas partie des personnes pour qui la vaccination est recommandée.

Chaque année, la grippe saisonnière touche plus de 2,5 millions de personnes en France et cause 1500 à 2000 morts. Si les décès concernent surtout des personnes âgées, les plus touchés en nombre sont les moins de quinze ans. Ils représentent près de la moitié des consultations médicales dues à cette maladie. Alors que le milieu scolaire est particulièrement favorable à la propagation du virus, la vaccination des enfants n'entre pas dans les recommandations du gouvernement français. Mais deux études scientifiques récentes remettent en question la stratégie consistant à ne cibler que les personnes considérées comme «à risque» (plus de 65 ans, femmes enceintes, personnes souffrant de problèmes respiratoires, cardio-vasculaires ou immunitaires, obèses, etc.).

L'Angleterre adapte sa stratégie

Un premier article, paru dans la revue Pediatrics fin août, met en avant la proportion relativement importante de décès imprévisibles chez les enfants. Les experts du Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) remarquent que près de la moitié des 794 enfants décédés de la grippe entre 2004 et 2012 aux Etats-Unis étaient en bonne santé avant l'infection par le virus. «N'importe quel enfant risque des complications», résume le Dr. Karen Wong, co-auteure de l'étude.

 

En Angleterre, une équipe de l'Agence britannique de protection de la santé (Public Health England) a de son côté mis en évidence, dans un article paru début octobre dans PLOS Medecine , l'intérêt d'immuniser les enfants pour endiguer les épidémies. L'étude, qui analyse des situations théoriques où le nombre de personnes vaccinées varie, démontre que les enfants sont des propagateurs majeurs du virus. Elle pointe donc la nécessité de les vacciner pour réduire encore le nombre total de cas et de décès annuels. Le professeur Marc Baguelin, co-auteur de l'étude, a expliqué au Figaro que le Royaume-Uni a décidén sur la base de ces travaux, de lancer une des plus vastes campagne jamais vues. Les enfants recevront à l'avenir le vaccin, d'abord dans des zones pilotes, à partir desquelles l'efficacité de cette politique sera testée, puis, d'ici deux à trois ans, dans l'ensemble du pays.

Les Français méfiants

Le Pr Daniel Floret, du Comité technique des vaccinations français, confirme: «Si on veut influer sur l'ampleur d'une épidémie de grippe, il faut cibler les enfants». Maisn estime-t-il, une telle politique n'est pas vraiment réalisable dans notre pays. «Les Français se méfient de plus en plus des vaccins en général, et plus particulièrement de celui contre la grippe», constate-t-il. Même parmi les personnes visées par les recommandations gouvernementales, le taux de vaccination ne cesse de baisser, à peine 50 % en 2012, alors qu'il faudrait arriver au moins 75 %, selon l'institut de veille sanitaire. «Dans ce contexte, il serait difficile de parvenir à vacciner tous les enfants, d'autant plus qu'il n'est pas possible de le faire dans les écoles françaises» explique-t-il. Une difficulté contournée en Angleterre où le vaccin sera dispensé en milieu scolaire, ce qui permet de toucher la plupart des élèves. De plus, les Britanniques l'utiliseront sous une nouvelle forme conditionnée en spray nasal. Ce produit, très efficace et plus facile à administrer, est déjà utilisé aux États Unis mais indisponible en France pour des raisons réglementaires.

 

En attendant, les personnes à risques, dont la liste est disponible sur le site du ministère de la Santé, peuvent se faire vacciner gratuitement en France. Pour les autres, adultes et enfants, il est toujours possible de se rendre chez son médecin traitant qui pourra le prescrire. La campagne de cette saison a commencé le 11 octobre et se poursuit jusqu'au 31 janvier 2014.

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