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Publié par Scientifique

http://img.maxisciences.com/gaz-de-schiste/gaz-de-schiste-arnaud-montebourg-ministre-du-redressement-productif-souhaiterait-defendre-une-technique-d-extraction-a-base-de-nfp_64666_w460.jpg

 

Selon le Canard enchaîné paru mercredi, le "fluoropropane" ou NFP (pour "non flammable propane") pourrait constituer une alternative intéressante car "propre" pour exploiter les gaz de schiste. Le journal affirme que le ministre du Redressement productif publiera dans les prochains mois un rapport défendant cette technique expérimentale.


La fracturation hydraulique est une technique utilisée pour extraire du gaz de schiste en injectant de l'eau et des produits chimiques dans la roche. Cette méthode dont les conséquences font l'objet d'un vif débat, est actuellement interdite en France. C'est ainsi en cherchant d'autres méthodes d'exploitation, plus respectueuses de l'environnement, qu'est apparue une technique à base de "fluoropropane" (ou NFP pour "non flammable propane").

 

A l'origine de cette technique, se trouve la société américaine ECorpStim. Le NFP liquide sert déjà comme propulseur dans les extincteurs et dans les inhalateurs pour traiter l'asthme. Le Canard enchaîné paru mercredi affirme qu'Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, publiera dans les prochains mois un rapport défendant cette technique expérimentale. Rapport auquel ont contribué des "géologues et des économistes publics et privés" rassemblés en secret depuis un an pour plancher sur la question.

 

Moins de risque industriel

Mais la technique à base de NFP n'est pas nouvellement apparue, elle avait une première fois été mentionnée, il y a plusieurs semaines. Jusqu'ici, il existait déjà des fracturations hydrauliques n'utilisant que peu d'eau et parfois même exemptes de produits chimiques, celles-ci fonctionnaient alors avec du propane. Le principal problème était la nécessité de stocker plusieurs centaines de tonnes de propane (inflammable, bien sûr).

 

Ceci ferait de chaque site de forage un site Seveso, c’est-à-dire présentant des risques associés à certaines activités industrielles dangereuses et nécessitant de prendre les mesures pour y faire face. Avec les mêmes avantages que le propane, sans les inconvénients, le NFP permet de "supprimer à 100% les risques industriels", assure le rapport publié en novembre par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst). En effet, comme son nom l’indique, ce propane est "non flammable".

 

"Le NFP est utilisé sans eau ni additifs et le fluide de fracturation peut être récupéré quasi intégralement, sous forme gazeuse", explique Bruno Courme, le directeur de la filiale Total Gas Shale Europe, cité par le Journal de l'environnement. L'absence d'additifs diminuerait donc les risques de pollution des milieux.

 

Un impact sur le climat

Reste qu’il n’a jamais été testé sur le terrain et qu’il est "peu disponible et cher à produire en grande quantité" (plus de 10 euros par kilogramme). Un problème puisque utiliser le NFP doit rester rentable pour être intéressant. Par ailleurs, cette substance ne serait pas si "verte" que cela. L’Office estime en effet qu’elle n’est pas "sans danger pour le climat" dans la mesure où elle participe déjà à l’heure actuelle pour 0,05 % des émissions totales de gaz à effet de serre.

Or, son pouvoir de réchauffement est près de 3.000 fois plus élevé que celui du dioxyde de carbone (selon les experts de l’ONU). Ainsi, son utilisation "nécessiterait de prévenir et de contrôler les fuites susceptibles de survenir à tous les stades de la chaîne de production", souligne l’Opecst reprise par l'AFP. De plus, son utilisation se heurterait aux engagements de l’UE qui prévoit de réduire l'usage de gaz fluorés de 80% d'ici 2030.

 

Contre les engagements du président

En définitive, Arnaud Montebourg qui espère "convaincre" François Hollande "d'avancer sur la recherche" de techniques "propres" pour l'exploitation des hydrocarbures de schiste, aura sûrement des difficultés à faire accepter ce projet. Avant même que celui-ci ne s’engage, certains ont d'ailleurs vivement réagi.

Le député EELV François-Michel Lambert a ainsi demandé jeudi matin à François Hollande et à Jean-Marc Ayrault de "désavouer M. Montebourg qui bafoue délibérément les engagements pris par le Président", à savoir de ne pas exploiter de gaz de schiste pendant toute la période de sa mandature.

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