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Publié par Scientifique

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Conséquence de la sécheresse que la France connaît en 2011, l'arrosage est interdit dans plusieurs départements LANCELOT FREDERIC/SIPA

METEO - Avril 2011 figure au deuxième rang des mois d'avril les plus chauds depuis 1900. La sécheresse menace désormais, particulièrement sur la moitié nord de la France. Zoom sur la Loire-Atlantique, où les agriculteurs craignent la catastrophe…

Moins 50% par rapport aux normales saisonnières depuis le 1er janvier, moins 80% depuis le 1er mars. La pluviométrie en Loire-Atlantique accuse en 2011 un déficit exceptionnel. Avec seulement 3 mm d’eau cumulé, le mois d’avril a ainsi été le deuxième plus sec de l’histoire à Nantes. Ce phénomène de sécheresse, aggravé par des températures anormalement élevées, n’est pas sans conséquence sur l’activité agricole. La chambre d’agriculture de Loire-Atlantique a fait part hier de sa «grande inquiétude». «Mai est pour la profession le mois de tous les dangers. Si on devait repartir avec un mois sec, les dégâts seront catastrophiques», craint Jacques Lemaître, président de la chambre.

Le manque d’eau affecte tout d’abord les céréales – blé principalement – dont le développement est ralenti. Idem pour le colza, affaibli et attaqué par des parasites. «Les rendements sur ces cultures seront, quoi qu’il arrive, en baisse», prévient Jacques Lemaître. Mais le problème le plus sérieux concerne la constitution du fourrage, qui sert à l’alimentation du bétail. Un problème de taille dans un département dominé par l’élevage bovin (4000 exploitations). «L’herbe pousse peu et est immédiatement consommée. A ce rythme, nous n’aurons pas de stock pour l’hiver. C’est d’autant plus préoccupant que les hangars sont vides en raison du déficit d’eau observé depuis fin 2009», explique Mickaël Trichet, président des Jeunes agriculteurs 44.

Demande de restriction d’arrosage

Pour compenser le manque annoncé d’herbe, la profession pourrait importer de la paille. «Mais, au-delà du coût, la difficulté va être d’en trouver. La sécheresse est très étendue et beaucoup de départements sont déjà demandeurs.» Un comité «sécheresse» devrait être activé en Loire-Atlantique afin d’organiser l’approvisionnement.

A défaut de paille, certains éleveurs n’auront d’autre choix que de se séparer d’animaux. «Plusieurs seront dans cette situation, redoute Jacques Lemaître. Dans tous les cas, nous serons confrontés à un appauvrissement des exploitations.» «Dans un contexte économique déjà très très dur, on n’a plus la capacité de faire le dos rond face à ce type d’aléas», s’alarme Mickaël Trichet

Parallèlement à cette situation, le préfet de Loire-Atlantique vient d’imposer des mesures de limitation des prélèvements pour le bassin versant de Grand-Lieu. « Les débits actuels des cours d’eau sont faibles et correspondent à des débits de juin ou juillet. Le niveau des nappes est aussi inférieur à la normale», indique Jany Larcher, responsable départemental de l’eau pour les services de l’Etat. Les usages domestiques non essentiels (arrosage des pelouses...) sont interdits, de même que les prélèvements professionnels de 10 h à 20 h. Le préfet demande à la population de «d’éviter tout gaspillage». «Nous n’avons pas de grande tradition d’irrigation en Loire-Atlantique mais il faudra réfléchir à créer des réserves collinaires afin de stocker l’eau excédentaire hivernale pour la réutiliser l’été», suggère la chambre d’agriculture.

Le ministère de l'Ecologie avait annoncé vendredi que neuf départements étaient touchés par des restrictions d'usage de l'eau, les limitations les plus sévères ayant été imposées dans l'est de la région parisienne et en Poitou-Charentes. Des mesures ont également été prises lundi dans l'Eure.

A Nantes, Frédéric Brenon

 

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