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Publié par Scientifique

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Une étude démontre qu'elle est plus efficace que le patch nicotinique pour le sevrage tabagique.Une étude démontre qu'elle est un peu plus efficace que le patch nicotinique pour le sevrage tabagique.

«La cigarette électronique n'est pas une arnaque, mais ce n'est pas la solution miracle.» Gérard Mathern, pneumologue et secrétaire général de la Société française de tabacologie, résume avec ces mots les résultats de la première étude «solide» réalisée sur l'efficacité de ce substitut dans l'aide au sevrage tabagique.

 

Publiée lundi dans The Lancet, elle a également fait l'objet d'une présentation au Congrès annuel de la société savante européenne des maladies respiratoires par ses auteurs néozélandais. Ces derniers ont comparé l'efficacité de l'e-cigarette et celle des patchs nicotiniques après trois mois d'utilisation chez des fumeurs âgés d'une quarantaine d'années souhaitant arrêter la cigarette. Résultat: 13,1 % des vapoteurs avaient arrêté, contre 9,2 % des porteurs de patch. Trois mois plus tard, ces proportions étaient respectivement de 7,3 % et 5,8 %.

 

«Les résultats de l'étude sont beaucoup moins puissants qu'on ne l'attendait», tempère Bertrand Dautzenberg, président de l'Office français de prévention du tabagisme. Le coordinateur d'un rapport équilibré sur la cigarette électronique pour le ministère de la Santé espérait des conclusions plus tranchées. Ce texte recommandait l'interdiction aux mineurs et dans les lieux publics tout en rappelant que ce produit était beaucoup moins dangereux que le tabac. «Au final, ça ne marche pas vraiment mieux que les patchs», regrette-t-il.

Une arme supplémentaire

La popularité grandissante de cet objet, qui avoisine en France le million d'utilisateurs, est néanmoins encourageante. «Trois à quatre fois plus de fumeurs semblent prêts à essayer l'arrêt du tabac par ce biais», souligne Bertrand Dautzenberg.

«Nous savons au moins que l'e-cigarette est un complément potentiel intéressant dans les thérapies de sevrage. C'est une vraie nouveauté, reprend Gérard Mathern. Notre arsenal thérapeutique se limite aux gommes, aux patchs, à quelques médicaments souvent décriés et aux thérapies cognitives et comportementales.»

Les tabacologues disposent désormais d'une arme supplémentaire, qui présente l'avantage d'être très bien accueillie chez les fumeurs.

Ivan Berlin, ancien président de la Société française de tabacologie, précise que les participants de l'étude qui ont bénéficié de l'e-cigarette se sont montrés «plus enthousiastes» que ceux ayant reçu des patchs. Il remarque que les rechutes ont été plus tardives chez les vapoteurs que chez les patchés. «L'e-cigarette a aussi permis à 57 % des participants de réduire leur consommation de moitié, contre 41 % chez les patchés», insiste le tabacologue, qui rappelle que l'étude est «propre en termes de conflits d'intérêts»: elle a été commandée et financée par un institut public néozélandais. Ivan Berlin est néanmoins «déçu» par les résultats. «Peut-être qu'il faudrait augmenter la dose de nicotine dans l'e-cigarette, fixée à 16 mg/ml dans l'étude, pour améliorer le sevrage, mais cela n'est pas anodin. La nicotine reste un poison.»

D'autres études en cours

Tous les experts interrogés pointent enfin du doigt le manque d'accompagnement et de suivi personnalisé des fumeurs lors de l'étude. «On a envoyé aux participants des bons pour acheter des patchs nicotiniques avec le même dosage sans tenir compte de leur consommation respective», rappelle Bertrand Dautzenberg. Quant aux e-cigarettes, «ce n'étaient pas les récentes qui reproduisent le plus fidèlement la fumée de cigarette», insiste Gérard Mathern. «Ces deux méthodes de sevrage ont été mises en œuvre de la pire des manières», conclut-il.

D'autres études, probablement plus approfondies sur le plan méthodologique, sont en cours. Elles ne devraient toutefois pas répondre à la question de la dangerosité éventuelle de ce nouvel ersatz du tabac. Les recharges liquides des appareils contiennent des produits chimiques supposés cancérigènes, mais leur dosage exact n'est pas connu. «Il n'y a aucun cadre réglementaire à l'heure actuelle», regrette ainsi Ivan Berlin. Pour le spécialiste, le premier danger est ailleurs. Aujourd'hui, les producteurs n'ont aucune obligation de mettre en place des bouchons sécurisés sur leurs fioles. Or celles-ci peuvent contenir de 100 à 200 mg de nicotine. Et, au-delà de 60 mg, la nicotine est un poison mortel. «Si un enfant attrape un flacon qui traîne et le boit, c'est la mort assurée», s'inquiète Ivan Berlin.

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Vapoteur 13/04/2019 23:03

La cigarette électronique est une alliée dans le sevrage tabagique