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Publié par Scientifique

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Tour à tour dangereux ou remède miracle, anxiogène ou catalyseur de concentration, la café reste sujet à controverse. La littérature scientifique récente, et les experts qui la produisent, nous révèlent en fait qu'il a des propriétés surprenantes.

Atlantico : Le FDA (Food and Drug Administration), agence américaine de surveillance de l’alimentation et des médicaments, va entreprendre une surveillance renforcée et des enquêtes sur la quantité de caféine contenue dans certains produits sans lien apparent avec le café. Tout d’abord, la France est-elle sujette à cette logique qui consiste à mettre de la caféine dans des produits qui n’ont rien à voir avec le café ?

Astrid Nehlig : Les produits autres que le café dans lesquels on trouve de la caféine sont pour l’essentiel des boissons énergisantes d’origine américaine. Viennent ensuite un certain nombre de médicaments, dont un antalgique, le propofran, depuis retiré de la vente, lié au fait que la caféine a des propriétés antalgiques intrinsèques mais qu’en plus elle potentialise de 40% les capacités antalgiques du paracétamol ou de l’ibuprofène.

On trouve aussi de la caféine dans les produits amincissants, qui par voie orale ne fonctionnent pas. Les crèmes, en revanche, ont un effet, car elles mobilisent les graisses, toutefois très relativement.

Au-delà de la polémique américaine, quels sont les effets positifs et négatifs du café sur le cerveau ? Et sur le cœur ?

Au niveau du cerveau, c’est essentiellement la caféine qui est active. Pour d’autres organes, ce peut être d’autres composés du café qui agissent. Prendre du café stimule la vigilance (c’est d’ailleurs pour cela que le matin on prend un thé ou un café) et relaxe en même temps. Bien sûrs, les effets sur le sommeil sont négatifs. La caféine retarde le déclin cognitif au cours du vieillissement et prévient de manière certaine la maladie de Parkinson. Sur l’Alzheimer on est encore prudent, car les études sont peu nombreuses et portent sur des échantillons de populations plutôt limités.

Le cœur est un sujet qui est effectivement régulièrement abordé. On a longtemps dis que le café était mauvais pour le cœur. La littérature récente à revue cette analyse et  a conclu que le café et la caféine n’ont pas d’effet délétère sur le cœur, ni sur l’infarctus, ni sur l’insuffisance cardiaque. Malgré tout, il faut prendre ces études avec prudence, je pense qu’à l’heure actuelle nous manquons encore d’études génétiques plus précises sur la question et pour montrer les sensibilités particulières de certaines populations des effets de la caféine sur le cœur.

Dans quelle mesure le café est-il problématique pour le sommeil ? Quelle est la durée de l’effet ?

Le café du fait qu’il augmente la vigilance, il a tendance à empêcher le sommeil. Il diminue les phases de sommeil profond. Vous avez donc plus de mal à vous endormir, avec un sommeil plus fragmenté et plus léger.

La caféine passe très vite au niveau du cerveau. On atteint le maximum de concentration en 30 à 45 minutes après la consommation jusqu’ 4 ou 5 heures plus tard vous risquez, encore une fois si vous êtes sensible, de ne pas pouvoir vous endormir.

Dans quelle mesure peut-ont considérer que le café est une drogue ?

Certaines personnes prétendent quelles sont dépendantes du café. Beaucoup d’études ont été réalisé sur le sujet qui divise énormément entre les pro et anti dépendance. En réalité, pour prétendre qu’une substance soit une drogue dépendante il faut qu’elles correspondent à six critères fixés par l’OMS. Pour le café, il y a d’ores et déjà des critères que l’on ne pas retenir  en particulier l’aspect sociale (le fait de perdre ses amis, dépenser une somme considérable d’argent). On a montré qu’il n’y avait pas de tolérance aux effets de la caféine ce qui veut dire qu’avec le temps qui passe vous n’êtes pas obligé de consommer d’avantage de café pour obtenir les même effets. Il y a au niveau cérébral un circuit de dépendance que la caféine n’active pas. Pour conclure, on peut affirmer qu’il y a une dépendance psychologique (les gens ont du mal à s’en passer) mais ce n’est pas une vraie dépendance comme celle que l’on peut retrouver chez les consommateurs de stupéfiants. Le café ne présente donc pas de danger pour la santé mais il présente dans le cadre d’une consommation modéré des effets bénéfiques.

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