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Publié par Scientifique

http://cache.20minutes.fr/img/photos/20mn/2011-04/2011-04-21/article_diamant-hope.jpg

SCIENCES - François Farges, scientifique au Muséum national d'histoire naturelle, poursuit son investigation autour du diamant bleu de la couronne, certainement le plus grand et le plus beau des diamants, dérobé avec les Joyaux de la couronne en 1792...

Ambiance Sherlock Holmes au Muséum national d’histoire naturelle. Depuis bientôt quatre ans, un scientifique, François Farges, chercheur au département «Histoire de la terre» du Muséum, reconstitue l’incroyable histoire du diamant bleu de la couronne. Disparu en 1792, ce joyau de la couronne de France avait été taillé pour Louis XIV en 1671. La complexité de sa taille, qui a pris environ deux ans, le jeu de lumières à l’intérieur du diamant, son poids de 69 carats, en font selon les spécialistes «le plus grand et le plus beau diamant bleu jamais découvert».

Grâce à un nouveau logiciel, François Farges vient de préciser encore davantage la subtilité de la taille de ce joyau. On peut ainsi regarder le diamant sous tous ses angles, et voir ses facettes s’éclairer tour à tour. Comme par magie apparaît au milieu une étoile à sept branches, dorée, sans doute une volonté du Roi soleil. Voir la vidéo du diamant reconstitué ici:

 

 

 

 

 

Comment l’artiste a-t-il réussi ce tour? «Le diamant se portait avec une feuille d’or sertie sur la face arrière. En inclinant les facettes à 26°, le tailleur a fait en sorte de faire entrer la lumière de telle façon que la feuille d’or se reflète dans l’étoile centrale. C’est peut-être le plus bel exemple de science à Versailles qu’il nous ait été donné de voir», s’émerveille encore François Farges.

Un plomb reproduisant le diamant bleu retrouvé dans les collections du Muséum

Le scientifique n’a pas encore terminé d’écrire la saga de ce diamant, commencée en septembre 2007 après la découverte d’un «plomb» au fond d’un tiroir des collections du Muséum. L’institution possède en effet quelques très belles pièces du cabinet du Roi, objets d’art et minéraux. «Assez vite nous nous sommes dit que ce plomb ressemblait à une reconstitution du diamant bleu réalisée aux Etats-Unis et que nous venions d’acquérir». Tout d’un coup c’est l’effervescence. Qui retombe aussi vite pour faire place à l’investigation.

François Farges l’avoue lui-même, il n’était pas «un spécialiste» des diamants. Mais il se prend de passion pour ce joyau et son histoire. Première question: d’où vient ce «plomb», et pourquoi a-t-il été réalisé? D’autant qu’il n’est pas dans la tradition française de réaliser de copie de bijoux en plomb. «Nous savons qu’il a été légué par un certain Charles Achard, joaillier à Paris, au Muséum en 1850. Dans les archives du Muséum on retrouve une indication laissée par cet Achard, expliquant que le diamant français aurait été possédé par son plus gros client, Mr Hope de Londres.» Hope. Comme le diamant Hope, un gros diamant bleu possédé désormais par la Smithsonian Institution de Washington.

Le diamant bleu a été retaillé pour que l'on ne retrouve pas sa trace

Mais celui-ci n’a plus grand-chose à voir avec le «plomb» censé représenter le diamant bleu: le Hope est plus petit, et de forme ovale… Mais la comparaison entre les deux va démontrer que le Hope est en fait le diamant bleu... retaillé. "Ce "massacre" a certainement été réalisé pour que l’on ne retrouve pas sa trace après son vol en 1792. Le tailleur, qui a conscience qu’il commet un sacrilège, aurait-il réalisé une copie en plomb pour en garder une trace?» C’est l’hypothèse que François Farges juge aujourd’hui la plus probable.

L’histoire ne s’arrête pas là, puisque le diamant bleu/Hope passera entre les mains de Cartier en 1909 avant de partir aux Etats-Unis. Et elle n’est certainement pas terminée, puisque la question d’une reproduction réelle, pourrait bientôt se poser.

 

L’histoire du diamant bleu a donné lieu à un livre, écrit par François Farges et Thierry Piantanida, et d’un documentaire, qui sera diffusé pour la première fois samedi 30 avril sur Arte.


Mickaël Bosredon

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