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Publié par Scientifique

http://img0.mxstatic.com/peinture/depuis-sa-realisation-en-1887-le-tableau-de-van-gogh-fleurs-dans-un-vase-bleu-change-de-couleurs-au-fil-du-temps-certaines-fleurs-autrefois-d-un-jaune-lumineux-affichent-aujourd-hui-des-teintes-grises-orangees-credit-photo-kroller-muller-museum_53358_w460.jpg

 

Une équipe internationale de chercheurs est parvenue à identifier le processus lié à l’altération des couleurs d’un tableau de Van Gogh. A la base du phénomène : un vieux vernis appliqué à la mort du peintre pour protéger le tableau.


Depuis sa réalisation en 1887, le tableau de Van Gogh "Fleurs dans un vase bleu" change de couleurs au fil du temps. Certaines fleurs, autrefois d’un jaune lumineux, affichent aujourd’hui des teintes grises orangées. Dans une nouvelle étude, des chercheurs de diverses institutions européennes, dont le CNRS fait partie, révèlent le mystère de cette altération, mise à jour grâce à des techniques complexes basées sur l’utilisation des rayons X.

 

Mais pour comprendre ce phénomène, il faut remonter l’histoire du tableau. Dans la première moitié du XXe siècle, le chef d’œuvre acquis par le Musée Kröller-Müller d'Otterlo au Pays-Bas, a été recouvert d’un vernis protecteur. Longtemps après, en 2009, des conservateurs ont alors révélé la présence d’une croûte grise opaque sur certaines parties de la toile. Un dépôt inhabituel recouvrant les fleurs peintes avec du jaune cadmium ou sulfure de cadmium. Ce pigment, utilisé par Van Gogh, est connu aujourd’hui pour s’oxyder au contact de l’air perdant ainsi couleur et luminosité mais jamais une telle réaction n’avait jusqu’à présent été observée.

 

Afin d’identifier la nature et l’origine de la couche grisâtre recouvrant le jaune cadmium, les chercheurs ont ainsi extrait du tableau deux échantillons de peinture, d’à peine une fraction de millimètres. La composition chimique et la structure interne des deux prélèvement ont ensuite été étudiées au moyen de rayons X et infrarouges très intenses au sein de l’European Synchrotron Radiation Facility et du Deutsches El ektronen Synchrotron.

 

Une dégradation fruit d'une réaction entre la peinture et le vernis

Les résultats, publiés dans la revue Analytical Chemistry, indiquent la présence d’anglésite, retrouvé dans l’ensemble du vieux vernis protecteur. Ce composé chimique est en fait le résultat d’une réaction entre la peinture et des éléments présents dans le vernis pour accélérer le procéder de séchage et de durcissement. C'est ainsi le processus naturel d’oxydation du jaune cadmium d’une part, et la production d’anglésite d’autre part qui ont contribué à la formation de la croûte opaque.

 

Cette nouvelle étude devrait pouvoir aider les conservateurs à choisir de manière la plus éclairée possible les traitements adéquats pour enlever des couches de vernis appliquée de manière inappropriée dans le passé. Cette opération, extrêmement délicate, requiert un savoir faire et des connaissance pointues pour éviter d’affecter la peinture d’origine mais celle-ci pourrait aussi sauver les couleurs aujourd'hui altérées, de nombreux chefs d'oeuvre. 

 

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