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Publié par Scientifique

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Toyota et Electricite de France testent a Strasbourg une voiture hybride rechargeable, en avril 2010. SUZAN THIERRY/SIPA

TRANSPORTS - C'est ce que projette le programme national de recherche et d'innovation des transports terrestres. L'hybride lui semble comme la meilleure solution entre le tout électrique et le tout thermique...

Quels seront les transports urbains de demain? Comment vont-ils s’adapter aux changements climatiques, démographiques, auxquels nous devrons faire face? Réunis à Bordeaux depuis mardi 10 mai, scientifiques, élus, professionnels, planchent sur ces questions, dans le cadre du «carrefour mi-parcours » du PREDIT, Programme national de recherche et d’innovation dans les transports terrestres.

«Il faut prendre conscience que ce que l’on conçoit aujourd’hui va devoir fonctionner dans un monde qui va changer très vite, en raison de la baisse de production du pétrole, du gaz, et d’un réchauffement climatique de 1 ou 2°», explique Dominique Dron, Commissaire générale au développement durable.

Baisse de la production de pétrole plus rapide que prévue

Lew Fulton, de l’Agence internationale de l’énergie, a communiqué les dernières études de l’AIE sur la production pétrolière conventionnelle d’ici à 2035. «La baisse de la production du pétrole s’avère plus rapide que ce qu’on avait cru il y a quelques années. Ce sera de plus en plus difficile de fournir du pétrole, il faudra donc trouver d’autres sources, comme les ressources au fond des océans, les carburants synthétiques….» Parallèlement, les projections de mise en circulation de véhicules légers dans le monde ont de quoi inquiéter au regard de cette situation. «Nous devrions passer de 800 millions de voitures aujourd’hui au double en 2035. Nous pourrions même atteindre 2,5 milliards de véhicules en 2050.» Conséquence: «Si l’on ne change pas de mode de production d’énergie, les émissions de CO2 vont doubler d’ici à 2050.» Lew Fulton insiste: «Pour atténuer cela nous avons besoin d’une grosse contribution des transports, cela passe par le développement des transports en commun à travers les villes, jusqu’à un investissement très important dans les véhicules électriques et les biocarburants, pour arriver à 50% de carburants qui ne soient plus d’origine fossile.»

«Le moteur thermique est et restera le plus utilisé»

Les projections de Jean Delsey, conseiller scientifique à l’Ifsttar, et président du groupe de travail Energie et Environnement au Predit, se veulent plus «réalistes». «On peut toujours échafauder des scénarios qui font rêver, mais la réalité nous rattrape souvent. Nous continuons de travailler sur le moteur thermique, qui est et restera encore le plus utilisé. Il faut savoir qu’il roule encore en France entre 6 et 8 millions de véhicules légers de plus de 15 ans. Cela dit le potentiel de gain sur le moteur thermique est très important: nous pouvons réduire les cylindrées, alléger les véhicules, dont le poids a doublé en 35 ans. Mais parallèlement nous travaillons aussi sur une nouvelle génération de véhicules tout électriques, et sur les solutions hybrides. A mon avis la voiture en 2050 ce sera 40% de thermique, 20% d’électrique, et 40% d’hybrides, qui iront du micro-hybride au full-hybride.» L’hybride apparaît pour le Predit comme «la meilleure solution entre le tout thermique et le tout électrique, que l’on maîtrise encore assez mal.»

La technologie ne fera pas tout. Pour nombre de spécialistes il faut mettre en place des politiques publiques incitatives pour favoriser du report modal de la voiture vers les transports publics. «La Communauté urbaine de Bordeaux vient de délivrer son nouveau schéma directeur pour 2030, explique Gérard Chausset, vice-président de la CUB chargé des transports de demain. Ce document a pour objectif d’augmenter de 211% la fréquentation et l’utilisation des transports en commun. Mais ce projet métropolitain ne s’arrête pas aux transports, il projette aussi de densifier l’agglomération, très étirée. Nous aurons plus de 900.000 habitants en 2030 (contre un peu plus de 700.000 aujourd’hui), s’ils ont le même taux d’utilisation de la voiture ce sera un problème. Il faut donc réduire fortement son usage.»

A Bordeaux, Mickaël Bosredon

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