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Publié par Scientifique

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Dans les pays pauvres, les décès sont surtout dus à des causes infectieuses mais, dans les pays riches, ils sont liés aux maladies cardio-vasculaires, au diabète et au cancer.

Les maladies cardio-vasculaires restent la cause principale de décès dans le monde, selon le rapport publié lundi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Plus précisément, ce sont les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux qui, en 2011, ont le plus tué: 13,2 millions de personnes soit 24 % des 54,6 millions de décès enregistrés dans l'année. La comparaison établie par l'OMS, des taux de mortalité entre 2000 et 2011, indique que les six principales causes de décès restent inchangées alors que les causes les moins fréquentes, en bas de classement, ont subi quelques modifications.

 

Ainsi, les accidents de la route font ainsi leur entrée parmi les dix causes majeures de mortalité. Responsables de 1,3 million de décès dans le monde en 2011 (dont un quart de piétons et de cyclistes), ils arrivent juste derrière le diabète et avant la prématurité. L'OMS avait déjà publié en mars dernier un rapport sur la sécurité routière, pour attirer l'attention sur la situation critique de 87 pays, pour beaucoup africains, où la mortalité liée aux transports routiers a dramatiquement augmenté ces dernières années. Si rien n'est fait pour enrayer cette progression, les accidents de la route pourraient devenir, d'ici à vingt ans, la cinquième cause de mortalité dans le monde.

Pour la première fois, la tuberculose est, elle, sortie du tableau. En 2000 elle était encore en 8e position. Dix ans plus tard, l'infection n'est plus qu'à la 13e place, «mais a tout de même tué plus d'un million de personnes en 2011», souligne l'OMS. C'est surtout dans les pays à bas revenus, que la tuberculose continue de faire des ravages. En 2011, elle restait responsable de 3,4 % des décès dans les pays les plus pauvres, en 7e position devant la malnutrition et les décès périnataux. Des différences entre pays riches et pays pauvres qu'il convient de prendre en compte pour tirer parti de ce type de classement.

 

«Dans les pays à bas revenus, les décès sont encore principalement dus à des causes infectieuses, sida, maladies diarrhéiques, infections pulmonaires… alors que dans les pays riches 87 % des décès sont aujourd'hui dus à des maladies chroniques, maladies cardio-vasculaires, diabète, cancer…», relève l'OMS dans son rapport. En France, d'après les statistiques du Centre d'épidémiologie des causes médicales des décès (CépiDc-Inserm), ce sont les cancers qui sont depuis 2004 la première cause de décès, devant les maladies cardio-vasculaires.

 

Une autre différence majeure selon les états est l'âge auquel surviennent les décès. En 2011, près de sept millions d'enfants sont morts avant leur cinquième anniversaire, dont 99 % dans des pays à bas ou moyen revenus. 43 % de ces décès infantiles surviennent dans le premier mois après la naissance et seraient, selon l'OMS, principalement liés à la prématurité des bébés. Dans les pays riches, les décès d'enfants de moins de 15 ans représentent aujourd'hui 1 % de la mortalité globale. «L'âge de survenue des décès est un élément majeur pour rendre compte de l'état sanitaire d'un pays, relève Grégoire Rey, directeur du CépiDc-Inserm. Les décès dus aux maladies coronariennes surviennent à un âge avancé et n'engendrent donc que peu de perte d'années de vie, contrairement aux maladies infectieuses.»

 

Les taux de décès standardisés (pondérés par l'âge) seraient, selon l'épidémiologiste, plus informatifs que les taux bruts présentés par l'OMS. «Ces chiffres restent cependant de très bons indicateurs pour prioriser les problématiques de santé et savoir là où il faut mettre le plus de moyen», relève Grégoire Rey. L'OMS déplore dans son rapport que beaucoup d'estimations ont dû être faites à partir de données partielles, beaucoup de pays ayant des systèmes de recensement peu fiables. «Or c'est en améliorant la collecte des données que les états pourront rendre plus efficace leurs politiques de santé publiques», conclut l'OMS.

 

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