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Publié par Scientifique

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Une particularité génétique contribuerait à accroître le risque, même en l'absence de séances de bronzage.

Nouvelle alerte sur les cancers de la peau pour les personnes rousses. Une étude américaine publiée ce jeudi dans la revue Nature suggère en effet qu'elles pourraient développer un mélanome sans s'être préalablement exposées aux rayons ultraviolets (UV).

 

On sait depuis longtemps que le soleil ou les cabines de bronzage sont fortement déconseillés aux roux. Leur peau, dépourvue ou quasiment dépourvue d'eumélanines (pigments bruns-noirs), est en effet incapable de réparer correctement les cellules altérées par les UV. Porteurs d'une mutation récessive du gène MC1R, situé sur le chromosome 16, ils possèdent, à la place, un autre pigment cutané, la phéomélanine de couleur jaune-orangé qui les protège très mal contre les UV. En fait cette phéomélanine est un précurseur des eumélanines dont la mutation sur le gène MC1R bloque la synthèse.

 

Dans les pays nordiques à très faible ensoleillement, la rousseur représente un avantage du point de vue sélectif car elle permet une meilleure synthèse de la vitamine D, essentielle dans la formation du squelette ou la prévention contre le rachitisme. Mais, elle devient franchement délétère au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'équateur. Les Australiens, qui sont pour bon nombre d'entre eux des Anglos-Saxons à la peau claire ayant récemment migré dans ce pays très ensoleillé, ont le plus fort taux de prévalence de cancers de la peau au monde.

Comme si cela ne suffisait pas, l'étude menée par l'équipe dirigée par David Fisher, du Massachusetts General Hospital de Charlestown, montre qu'en plus d'offrir une protection très insuffisante contre les UV, la phéomélanine serait elle-même… cancérigène.

Les chercheurs ont fait cette surprenante découverte sur des souris transgéniques «rousses», c'est-à-dire porteuses de la fameuse mutation sur le gène MC1R, en constatant que ces rongeurs avaient une forte incidence de cancers de la peau même lorsqu'ils ne sont pas exposés aux UV. Leur proportion de mélanomes est également très supérieure à celle relevée sur des souris albinos. Ce qui amène les auteurs de la publication à conclure que la phéomélanine contribue au développement de mélanomes du fait de ses propriétés oxydatives suspectées d'endommager les cellules cutanées.

«Éviter le soleil, qu'il soit naturel ou en boîte»

«Il s'agit d'une voie de recherche très intéressante qui reste néanmoins à confirmer par d'autres études, en particulier chez l'homme, explique le Dr Blanchet-Bardon, dermatologue à l'hôpital Saint-Louis à Paris et organisatrice de la Journée nationale de prévention et de dépistage des cancers de la peau qui a lieu tous les ans au printemps. Cette spécialiste met toutefois en garde contre toute interprétation abusive de ce résultat. Si cette étude montre qu'il pourrait exister une seconde voie de mélanome indépendante des UV, cela n'invalide pas pour autant la protection solaire. Les personnes rousses à la peau claire doivent impérativement continuer à éviter le soleil, qu'il soit naturel ou en boîte»,avertit-elle en faisant allusion aux cabines de bronzage.

D'ailleurs, les pouvoirs publics australiens ont depuis plus de vingt ans mis en place une politique très active de prévention contre les méfaits du soleil, qui leur ont permis de faire régresser le nombre de nouveaux cas annuels de mélanomes malins, contrairement aux pays européens au sein desquels le nombre de cas s'accroît chaque année.

 

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