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Publié par Scientifique

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Des souris atteintes de vitiligo, une maladie caractérisée par une dépigmentation complète de la peau par endroits, ont été guéries par l'injection d'une protéine mutante. Un espoir pour des millions de malades dans le monde.

Des chercheurs américains viennent peut-être de trouver le premier traitement potentiellement efficace contre le vitiligo, une maladie autoimmune de l'épiderme dont les causes ne sont pas clairement élucidées et vis-à-vis de laquelle il n'existe à ce jour aucun remède probant.

 

Le vitiligo se caractérise par une dépigmentation totale de la peau qui aboutit à la formation de plaques blanches, assez disgracieuses, principalement sur le visage, le cou, les mains, les jambes ou les articulations. Surtout, l'absence de mélamine, pigment responsable du bronzage, fait que la peau des zones atteintes n'est plus du tout protégée contre les ultraviolets solaires. Pour éviter de développer un cancer de la peau, les malades sont donc contraints de se protéger en permanence du soleil, en particulier en été.

Stress violent

À l'échelle mondiale, le vitiligo, dont l'origine pourrait être génétique (une dizaine de gènes sont impliqués) ou consécutive à un stress violent, touche en moyenne 5 personnes sur 1000 sans distinction de sexe ou de couleur de peau. Faussement accusé par certains tabloids anglais de s'être fait «blanchir» la peau pour effacer sa négritude, le chanteur Michael Jackson souffrait depuis sa jeunesse de vitiligo. Seuls points «positifs», la maladie n'est ni douloureuse ni contagieuse.

Jeudi soir, dans la revue americaine Science Translational Medicine, des chercheurs de l'Institut d'oncologie de l'Université Loyola, à Chicago, ont montré l'effet spectaculaire d'une protéine génétiquement modifiée sur des souris atteintes de vitiligo.

Protéine mutante

Baptisée HSP70i, cette protéine formée d'une chaîne de 641 acides aminés joue un rôle clé dans le déclenchement de la réaction autoimmune qui détruit les mélanocytes (cellules productrices de mélanine) et déclenche le vitiligo.

L'équipe dirigée par Caroline Le Pool a injecté dans des souris atteintes de la maladie une forme mutante de la protéine HSP70i à qui ils avaient préalablement changé un acide aminé.

Le résultat a été spectaculaire: la protéine mutante a supplanté la protéine normale et inversé la réaction autoimmune à l'origine du vitiligo. Le pelage poivre et sel des souris malades est redevenu noir. «Les souris semblent normales», commente sobrement Caroline Le Pool. Mieux: des tests réalisés sur des échantillons de peau humaine ont montré des effets similaires.

Un million de personnes concernées en France

Certes, de la souris à l'homme, il y a un pas que les auteurs eux-mêmes se gardent bien de franchir. Mais ils n'en recherchent pas moins des financements et une autorisation pour mener des essais cliniques sur des sujets humains, tandis que l'université de Loyola a déposé un brevet.

Actuellement, les crèmes à base de stéroïdes ou la chirurgie (greffe autologue de peau saine) ont une efficacité limitée, engendrent d'importants effets secondaires et sont coûteux, en particulier pour la greffe. La mise au point d'un traitement à long terme, efficace et bien toléré, serait une délivrance pour les malades. En France, ou la prévalence est supérieure -entre 1 et 2 %- on estime qu'environ 1 million de personnes sont atteintes de vitiligo.

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