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Publié par Scientifique

http://s2.lemde.fr/image/2011/05/04/540x270/1516956_3_c2d5_bertrand-delanoe-maire-de-paris-lors-de-la.jpg

C'est dans le sud-ouest de Paris, à un jet de pierre de la Seine et à deux pas du boulevard périphérique, que le nouveau centre de tri de déchets de la capitale a élu domicile. D'apparence agréable, faisant la part belle aux lignes simples et aux surfaces vitrées, le bâtiment du 62, rue Henri Farman (15e) pourrait passer pour un ensemble de bureaux moderne. Il s'agit pourtant bien du lieu où seront acheminés les déchets recyclables, qui seront ensuite triés puis redirigés vers les diverses structures de recyclage. Les rebus, comptant pour environ 30 %, seront incinérés au centre d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) tout proche.

 

Jusque-là relégués en banlieue et d'aspect disgracieux, les centres de tri n'étaient pas les bienvenus dans les arrondissements parisiens. Mais la tendance s'inverse. En rapprochant les centres près des zones de production de déchets, les transports diminuent, et les coûts aussi.

D'autre part, il s'agit pour Bertrand Delanoë d'une "rupture qui symbolise la solidarité métropolitaine". "Paris doit assumer ses déchets et cesser de déplacer les structures de tri à l'extérieur de ses murs." Le centre du 15e arrondissement n'est que le premier d'une série de quatre centres intra-muros.

Capable de traiter 15 000 tonnes de déchets ménagers par an (soit les déchets d'environ 350 000 habitants), le centre se conforme à la démarche de "haute qualité environnementale" (HQE). Une première pour un bâtiment de ce type.

Le centre s'est doté, entre autres, de panneaux solaires, de cellules photovoltaïques, d'un toit et de murs végétaux. Les conditions de travail des 32 employés répondent elles aussi à des critères stricts : cabines de tri insonorisées, systèmes de ventilation et de désodorisation, dispositif de dépoussiérage.

 

HARMONIE AVEC LE RESTE DE LA VILLE

Mais toutes ces améliorations ont un coût, près de 30 millions d'euros, sans compter le terrain. A titre de comparaison, le centre de Sevran (Seine-Saint-Denis), mis en service fin 2008, avait coûté une vingtaine de millions. La mise aux normes HQE explique en grande partie la différence.

François Dagnaud, président du syndicat intercommunal des ordures ménagères (Syctom), juge "le surcoût acceptable compte tenu de la qualité architecturale". Le fait que la structure soit en centre ville entraîne des exigences supérieures. Le centre doit s'inscrire dans son environnement urbain. "C'est beau, c'est propre, c'est en harmonie avec le reste de la ville", renchérit Bertrand Delanoë.

Mais dans une ville comme Paris, où le prix du foncier ne cesse de battre des records, la construction d'une structure de plus de 11 000 mètres suscite des interrogations.

En réalité, le projet n'a pu voir le jour que parce que la ville de Paris, propriétaire du terrain, l'a mis à disposition de Syctom, moyennant 150 000 euros par an. "Le prix du foncier va à l'encontre de tout type de projets bâtis", dénonce M. Delanoë. Cela vaut pour les crèches et les écoles comme les centres de tri.

Afin de faciliter la construction intra-muros, le maire de Paris espère une intervention étatique, seule apte à réguler le marché immobilier. Malgré ces difficultés, d'autres centres de tri verront le jour à l'avenir dans la capitale. Dans le 17e arrondissement d'abord (prévu en 2013), puis à Bercy, et porte de la Chapelle enfin.

 

Jacques-Alexandre Brun

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