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Publié par Scientifique

http://s2.lemde.fr/image/2007/07/26/540x270/939245_3_5144_il-ne-s-agissait-que-de-remplacer-l-ourse.jpg

 

Le gouvernement a renoncé à lâcher un ours dans les Pyrénées malgré ses engagements antérieurs, tranchant en faveur des opposants à sa réintroduction et contre ses défenseurs, pour lesquels cette décision signe l'arrêt de mort de l'animal dans l'ouest du massif.

 

 

Ce sont les organisations favorables à la réintroduction de l'ours, sur le qui-vive depuis des semaines, qui ont divulgué les premières la nouvelle : après de longs et apparemment délicats arbitrages auxquels Nicolas Sarkozy lui-même a présidé selon elles, la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet a décidé de ne pas autoriser le lâcher annoncé en 2010 pour ce printemps par sa devancière à l'écologie, Chantal Jouanno.

Il ne s'agissait que de remplacer l'ourse Franska, tuée dans un accident de la route en 2007, par une autre femelle qui aurait été introduite dans le Béarn (Pyrénées-Atlantiques), et en aucun cas de renforcer les effectifs de l'ours – d'une vingtaine actuellement –, une perspective insupportable pour les adversaires du plantigrade.

 

UNE POPULATION VIABLE D'OURS, "OBJECTIF À ATTEINDRE"

Mais, a expliqué le ministère, Mme Kosciusko-Morizet a préféré ne pas accabler encore les éleveurs déjà touchés par la sécheresse. Il a assuré qu'il ne s'agissait pas d'un renoncement total, que la France était tenue par des engagements internationaux sur la biodiversité et que la restauration d'une population viable d'ours dans les Pyrénées restait un "objectif à atteindre".
Ces assurances n'ont pas apaisé le sentiment de trahison des pro-ours, qui attendaient le gouvernement au tournant et pour lesquels il a fait passer ses intérêts électoraux en 2012 avant ses engagements envers la nature.

Quinze ans après la première réintroduction d'ours dans un massif qu'ils écumaient autrefois en grand nombre, "le refus de lâcher ce printemps une ourse en Béarn est un reniement de la parole de l'Etat, qui signe l'arrêt de mort de l'ours en Béarn, où il est présent depuis des millénaires",
s'est émue l'association Pays de l'ours-Adet, l'une des plus actives pour la défense de l'animal.

Il ne subsiste plus que deux ou trois mâles sur le versant occidental des Pyrénées. Ne pas y lâcher une femelle au plus vite, c'est condamner ce noyau, disent les pro-ours. En l'état actuel, la population de l'ours sur l'ensemble des Pyrénées n'est même pas viable, disent-ils.

Pour les anti-ours en revanche, un seul ours de plus, c'est encore un de trop. Pour eux, la présence de l'animal, un carnassier toujours susceptible de s'attaquer aux troupeaux, est incompatible avec le pastoralisme ; elle l'est plus globalement avec le développement de l'économie locale.

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