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Publié par Scientifique

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Nous vous en parlions en octobre dernier, lors de la publication électronique de l’étude dans le Journal of Consumer Research: des chercheurs affirment que les gens qui payent en espèces font de meilleurs choix alimentaires et dépensent moins.

Aujourd’hui, l’étude est parue dans le n°1 du 38e volume de la revue scientifique, et Good en a profité pour discuter avec Manoj Thomas, un de ses auteurs, qui explique:

«Normalement, payer en liquide n’est pas différent que payer par carte de crédit, mais psychologiquement, payer cash se ressent différemment. Ça devient plus difficile de se justifier. Pourquoi est-ce que je dépense trois dollars sur une part de cheesecake alors que je sais que ce cheesecake n’est pas sain?»

D’après l’étude, devoir sortir des billets et des pièces est psychologiquement plus difficile que d’insérer sa carte bancaire, ce qui diminue le plaisir de dépenser.

Les chercheurs ont suivi 1.000 ménages pendant six mois, en notant toutes leurs courses de nourriture et comment elles étaient payées. Résultats: les gens qui paient par carte ont beaucoup plus tendance à faire des choix alimentaires impulsifs et imprévus. Ces courses là tendent en plus à être des produits pas sains (pensez cookies, chips et cacahuètes…).

Les scientifiques ont ensuite fait une expérience: dans un faux supermarché avec 10 produits «vertueux» et 10 produits «vicieux», ils ont divisé leurs testeurs en deux groupes. Le premier pouvait payer avec n’importe quel moyen de paiement, le second seulement utiliser du cash. Même résultat que dans l’étude: ceux qui payaient en liquide ont fait des choix plus sains que les autres.

Ce pouvoir des espèces vient de ce que l’on ressent en utilisant des billets et des pièces: «Les gens ressentent une douleur physique en dépensant des espèces». L’impact de la carte de crédit et du liquide dépend des personnes (payer en cash n’empêchera pas tout le monde d’acheter du cheesecake).

Dans leur communiqué (fichier au format PDF), les auteurs se demandent désormais si leur découverte ne pourrait pas aider à diminuer le nombre de personnes obèses ou en surpoids:

«La notion que le moyen de paiement peut limiter des achats impulsifs de nourriture qui n’est pas saine est substaniellement importante [...] L’augmentation épidémique d’obésité suggère que réguler les achats et la consommation impulsifs de produits non sains est un grand défi pour beaucoup de consommateurs»

Une conclusion à ajouter à notre arsenal anti-obésité, note Good, qui tempère tout de même: vue l’augmentation des caisses automatiques au supermarché, il est probablement inimaginable d’avoir des supermarchés où l’on ne peut payer qu’en liquide…

Le moyen de paiement n’est pas le seul facteur qui influe sur nos choix, notait à l’automne dernier le blog Economix du New York Times: les gens qui font leurs courses avec de plus grands paniers ou des chariots sont aussi «plus susceptibles d’acheter impulsivement des produits qui ne sont pas sains», et ceux qui vont au supermarché le week-end sont moins impulsifs que ceux qui y vont la semaine. Cette différence pourrait tenir à «l’effet liste de courses», puisqu’on a plus tendance à aller faire des courses le week-end avec une liste qu’en semaine, et cette planification amène moins d’impulsivité.

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