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Publié par Scientifique

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Invité vedette du salon du Bourget, l'avion aux 12.000 cellules solaires n'est pas près de transporter des passagers...

Vous rêviez de voyager à bord d’un avion solaire? Il va falloir vous faire une raison: Solar Impulse, le prototype développé en Suisse depuis 2003 et présenté au salon du Bourget cette semaine, n’a pas vocation à devenir un gros porteur. Ses concepteurs, André Borschberg et Bertrand Piccard, sont formels: leur avion est un symbole pour démontrer l’efficacité des énergies renouvelables, mais l’avenir de l’aviation passera plus probablement par les biocarburants.

Un avion symbole

Le transport aérien, souvent montré du doigt pour ses émissions de CO2, «ne représente que 3 à 5% du CO2 émis dans le monde», rappelle Bertrand Piccard, interrogé par 20 Minutes. «Pour les 95% qui restent, il faut démontrer que les énergies renouvelables peuvent être efficaces, à condition que l’on réduise notre consommation.» C’est pour cela que ce psychiatre passionné d’aviation s’est lancé dans l’aventure, aux côtés d’André Borschberg: «Solar Impulse n’a pas été construit pour que tout le monde vole avec le solaire demain, explique l’entrepreneur suisse, mais pour montrer qu’en réduisant la consommation d’énergie, on peut utiliser des sources renouvelables propres.»

Avec l’envergure d’un A340 et le poids d’une voiture, tout a été étudié pour que Solar Impulse soit exemplaire en termes de consommation d’énergie. Ses ailes de 64 mètres sont recouvertes de 12.000 cellules solaires qui rechargent les quatre batteries tout au long de la journée, permettant à l’avion de voler de nuit. Après sept années de développement, les premiers tests effectués en 2010 ont été concluants: l’avion a pu voler 26 heures sans interruption, à une altitude maximale de 9.500 mètres.

Le tour du monde prévu pour 2014

Entièrement fabriqué en fibres de carbone, Solar Impulse ne pèse que 1.600 kilos, dont 400 kilos de batteries. Sa seule défaillance: une faible résistance au vent, qui l’empêche de décoller lorsque les vents de surface excèdent sept nœuds (13 km/h). C’est ce qui a retardé l’arrivée à Paris pour le salon du Bourget: «Au départ de Bruxelles, la couverture nuageuse ne permettait pas de charger à fond les batteries et le vent de face nous obligeait à dépenser plus d’énergie et donc à augmenter le besoin d’alimentation électrique», expliquent les concepteurs. «Cet avion n’a pas été conçu pour voler dans l’humidité ou la pluie, mais le second modèle sera plus adapté», précise André Borschberg.

Le second prototype devrait être prêt pour le tour du monde prévu en 2014. Avec un cockpit agrandi, qui permettra au pilote de bouger, l’avion devrait pouvoir voler quatre jours et quatre nuits sans arrêt. Mais les deux co-pilotes ne pensent pas que la technologie solaire sera l’avenir de l’aviation: «L’avion du futur sera plus léger, avec de plus en plus de biocarburant dans les réservoirs et de plus en plus d’électrique, expliquent-t-ils. En prenant des routes plus directes et en faisant des descentes en approche constante au lieu de descentes par paliers, on économisera beaucoup de carburant. L’énergie solaire pourrait permettre de produire du biocarburant, mais pas de faire voler l’avion», pensent-ils. Malgré tout, l’ombre de Lindbergh plane sur le projet Solar Impulse: «Il a traversé seul l’Atlantique en 1903 alors qu’on pensait que c’était impossible, et 25 ans plus tard on transportait des passagers», rappellent les deux pilotes.

Audrey Chauvet

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