Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Scientifique

http://sante.lefigaro.fr/sites/default/files/styles/240_x_160/public/media/field_media_image/b0ffe7ce-bbdf-11e2-9156-2005708877ee-493x328.jpg?itok=LGT5UzmP

 

VIDEO - Les deux malades français sont hospitalisés dans un état grave. Des mesures sont prises pour enrayer la propagation du virus.

 

Le nouveau coronavirus, baptisé NCoV, va-t-il muter pour devenir plus contagieux qu'il ne l'est actuellement? La question était sur toutes les lèvres ce lundi, alors que l'on apprenait que le pronostic vital des deux patients hospitalisés au centre hospitalier universitaire de Lille était «engagé». En Arabie saoudite, où le NCoV a fait 15 morts depuis la fin de l'été 2012, de nombreux habitants se sont rendus dans les hôpitaux de la région d'al-Ahsa, dans l'est du pays, laissant craindre un début de panique.

 

«Leur pronostic vital est engagé, mais il existe aussi des chances raisonnables qu'ils puissent s'en sortir», déclarait le Pr Daniel Mathieu, chef du service réanimation du CHRU de Lille (Nord) où les deux malades ont été admis. Le premier, âgé de 65 ans, a contracté le NCoV à Dubaï le mois dernier. Il a ensuite contaminé l'un de ses voisins de chambre, un homme de 50 ans, lors d'une première hospitalisation à Valenciennes alors que les symptômes de la maladie, une détresse respiratoire aiguë, n'étaient pas encore déclarés. «On ne peut pas déterminer pour l'instant» les chances de guérison de ces deux hommes, car «on manque de recul» sur cette pathologie, a ajouté le Pr Mathieu.

Sur France Info, Marisol Touraine, ministre de la Santé, se voulait encore rassurante lundi: «Nous constatons qu'il y a eu 124 personnes qui ont approché le premier malade, une quarantaine le deuxième. Les personnels soignants par ailleurs. Et nous n'en sommes toujours qu'à deux cas confirmés. Si la vigilance s'impose toujours, il n'y a pas lieu de s'inquiéter de manière excessive.»

 

Désolé, cette vidéo n'est pas disponible sur votre appareil.

 

Barrière d'espèces

Que faudrait-il de plus pour franchir un nouveau cran dans l'alerte, pour l'instant limitée aux hôpitaux, aux aéroports et aux personnes sous surveillance? «Qu'un événement rare survienne. Là, ça peut être catastrophique», explique le Pr Jean-Louis Koeck, médecin microbiologiste, fondateur du site medecinedesvoyages.net. En l'occurrence que le virus s'«humanise», en subissant une mutation qui le rende adapté à l'homme, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Les 34 cas recensés à ce jour par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) démontrent que le NCoV a occasionnellement réussi à «franchir la barrière d'espèces».

 

«Les virus sont des êtres biologiques qui s'adaptent au mieux de leur intérêt. Non qu'ils aient des intentions malveillantes, mais ils profitent de toutes les opportunités qui leur sont données pour mieux se multiplier», souligne le Pr Hugues Tolu, spécialiste des virus émergents. Pour l'instant, c'est chez les animaux que le NCoV semble avoir trouvé les conditions idéales pour se développer. La probabilité la plus forte d'être infecté consiste donc à côtoyer des animaux (sans qu'on sache encore précisément lesquels) au Moyen-Orient. Ou d'avoir un contact, «rapproché et prolongé» avec un malade. Enfin, les personnes à la santé fragile seraient plus sensibles à l'infection.

 

Toutes les mesures prises actuellement visent à éviter la propagation de l'épidémie autour des malades identifiés pour réduire le risque d'«humanisation». En effet, plus un virus répandu chez l'animal contamine des humains et plus ses chances de muter augmentent. Le signal vraiment inquiétant selon le ­­Pr Tolu, serait «l'apparition d'un foyer évoluant de façon relativement rapide dans laquelle la source de contamination serait un cas humain en dehors du contexte hospitalier». On n'en est pas là.

 

Commenter cet article