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Publié par Scientifique

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Une équipe de chercheurs français a réussi à fabriquer en laboratoire des cellules produisant de la mélanine, qui colore la peau et la protège des rayons UV.

La dépigmentation de la peau n'est pas seulement inesthétique, elle peut aussi être dangereuse car elle est le signe d'une sensibilité aux rayons ultraviolets. D'où l'intérêt suscité par les travaux d'une équipe de chercheurs français, qui sont parvenus à produire in vitro des mélanocytes à partir de cellules souches embryonnaires. Ces cellules de l'épiderme ont pour rôle de produire la mélanine, un pigment qui donne sa couleur à la peau (et permet donc de bronzer) tout en la protégeant contre les UV.

Actuellement, les maladies induisant une dépigmentation, comme le vitiligo qui concerne 1% de la population mondiale, sont traitées par autogreffe : le médecin prélève des cellules saines sur des zones non atteintes du patient, et les réimplante là où la peau est décolorée. Mais ces mélanocytes réimplantés n'ont qu'une durée de vie courte, inférieure à un an. Et pour les albinos, cette technique d'autogreffe est impossible.

Plus faciles à produire

C'est là que les mélanocytes obtenus par l'équipe de Christine Baldeschi à l'institut I-Stem (Inserm/AFM) présentent un avantage. Produits par différenciation (spécialisation) de cellules souches embryonnaires humaines ou de cellules préalablement obtenues par manipulation génétique, ils ont une durée de vie plus longue (quoiqu'encore indéterminée) et peuvent être produits rapidement et en grande quantité en laboratoire.

Ces travaux, publiés récemment dans les comptes rendus de l'Académie des sciences américaine, doivent toutefois encore être validés par de nombreux essais sur des animaux avant d'être testés sur l'homme, rappelle Xavier Nissan, chercheur à l'I-Stem. «Les essais cliniques pour remédier à des dépigmentation sur l'homme ne devraient pas avoir lieu avant 5 à 10 ans», estime-t-il.

L'objectif, à terme, serait de créer une banque de cellules à disposition des médecins, poursuit le chercheur. Lorsqu'un malade se présenterait à eux, ils pourraient ainsi se procurer rapidement les cellules nécessaires à la greffe de leurs patients.

Cette technique pourrait également intéresser les personnes ayant subi une greffe de peau, comme les grands brûlés, car ces greffons sont pour l'heure dépourvus de mélanocytes. Les malades sont alors contraints de se protéger en permanence contre les rayons UV.

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