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Publié par Scientifique

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Après un grave accident de voiture, une Australienne s'est mise à parler avec un accent français. Un syndrome rare recensé chez une soixantaine de personnes en 100 ans.

Alors qu'elle n'est jamais allée en France et n'a pas d'amis français, Leanne Rowe, une conductrice de bus australienne, parle anglais avec un fort accent français depuis qu'elle a été grièvement blessée à la mâchoire dans un accident de voiture. Ce phénomène rare, appelé par les médecins «syndrome de l'accent étranger», se produit chez des patients à la suite d'un accident vasculaire cérébral ou un choc à la tête. Il n'a été diagnostiqué qu'une soixantaine de fois depuis sa découverte en 1907.

 

 


 

 

 

En réalité, les personnes atteintes ne prennent pas subitement un nouvel accent, mais elles présentent une anarthrie, c'est-à-dire des troubles de l'articulation à cause de lésions dans le cerveau, qui donnent l'impression de parler avec un accent étranger. «Elles ne parlent plus avec la prosodie, c'est à dire la mélodie du langage, de leur langue d'origine», explique Agnès Weill-Chounlamountry, orthophoniste au service de médecine physique et réadaptation de la Pitié Salpêtrière à Paris. Les personnes atteintes par ce syndrome prononcent les sons avec des tonalités différentes, généralement proches de l'accent allemand ou anglais en français. «Elles ont un problème de parole et non de langage, ajoute Agnès Weill-Chounlamountry, c'est-à-dire qu'elles connaissent les mots mais n'arrivent pas à les prononcer correctement».

La plupart du temps, ces patients sont suivis par un orthophoniste pour essayer d'améliorer la diction. «Même si ce syndrome particulier ne touche que très peu de cas, nous observons de temps en temps des symptômes similaires, c'est-à-dire des troubles de l'articulation qui changent la manière de parler chez des personnes ayant eu un accident vasculaire cérébral, témoigne Valérie Vignaud, orthophoniste au service de neurologie du centre hospitalier Sainte Anne à Paris. Chaque cas est particulier et doit être pris en charge de manière spécifique en fonction de la localisation et de l'étendue des lésions».

Le suivi orthophonique doit être régulier

En travaillant des sons précis ou des modulations d'intonations, et avec des exercices de diction, il est possible de modifier quelque peu la parole pour se rapprocher de l'accent d'origine de la personne et pallier les troubles de la parole. «La rééducation s'appuie sur un travail d'identification des phonèmes (la plus petite unité du son), précise Peggy Gatignol, orthophoniste au pôle de chirurgie neurosensorielle de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris. Le patient s'entraîne à articuler en reproduisant les mouvements des organes de la bouche nécessaires à la production des sons (langue, voile du palais, pharynx), et pratique des exercices sur le rythme des mots et des phrases».

Toutefois, certaines lésions entraînent des modifications irréversibles de la parole. «Dans tous les cas, la prise en charge de ces personnes est longue et le suivi doit être régulier», précise Valérie Vignaud.

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