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Publié par Scientifique

En 2010, une équipe de chercheurs avait annoncé l'existence de l'ununseptium (Uus), un nouvel élément chimique de numéro atomique 117. Aujourd'hui, une autre équipe a réussi à synthétiser et observer des atomes de cet élément durant un bref instant.

 

 

 

Le tableau périodique inventé par le chimiste russe Dmitri Mendeleïev n'a pas fini d'être complété ! Heureusement, le scientifique avait eu la lucidité de laisser des cases vides si de nouveaux éléments chimiques étaient découvert. Des cases qui se remplissent aujourd'hui peu à peu. En effet, alors que les éléments 115, 116 et 118 ont été récemment découverts, l'élément 117 attendait encore d'être confirmé.

C'est en 2010 que l'élément a pour la première fois été mis en évidence par une équipe de chercheurs américains et russes travaillant ensemble au Joint Institute for Nuclear Research de Doubna en Russie (voir vidéo ci-dessus). Depuis lors, ces derniers menaient des tests afin de confirmer l'existence de l'élément qui contient 117 protons au sein de son noyau, d'où son nom. Aujourd'hui, une autre équipe de scientifiques y est parvenue, selon la revue Physics Review Letters.

En utilisant un accélérateur d'ions lourds, des chercheurs du GSI Helmholtz Center for Heavy Ion Research situé à Darmstadt en Allemagne, ont réussi à obtenir et observer des atomes de l'élément provisoirement baptisé "ununseptium" (de symbole Uus).

 

Élément synthétique instable

L'élément 117 est dit "transuranien", c'est à dire que son numéro atomique est supérieur à celui de l'uranium qui est de 92. L'uranium est l'élément le plus lourd communément trouvé dans la nature. Toutefois, les chercheurs peuvent en créer d'encore plus lourds, en ajoutant des protons à un noyau atomique en utilisant des accélérateurs de particules. 

Les éléments synthétiques conçus n'existent donc pas dans la nature et sont pour le moins instables. C'est le cas de l’ununseptium qui fait partie de la famille des halogènes, l’avant dernière colonne du tableau périodique. Il s’agit à ce jour de l’élément chimique le plus lourd : il pèse 40% de plus que le plomb. Mais comme son noyau est très instable, les atomes n’ont pu être observés que quelques centièmes de secondes avant que l’élément ne se désintègre.

 

Pour autant, cette prouesse est importante pour la reconnaissance de l'élément. En effet, pour que ce dernier soit officiellement reconnu par l’International Union of Pure and Applied Chemistry (IUPAC) et ajouté au tableau périodique, deux observations distinctes sont nécessaires. Il ne reste donc plus que l'Union valide l’existence de l’ununseptium qui pourrait très bien changer de nom si celle-ci le décide.

 

Un pas de plus vers des éléments super-lourds et stables ?

Le dernier élément a avoir été reconnu par l’organisation est le copernicium (Cn) en 2009, élément 112 du tableau périodique. Mais la confirmation de l'Uus ne fait pas que remplir un vide dans le tableau. Cela permet aussi aux chercheurs d'étudier à nouveau la nature des éléments super-lourds. En effet, ils ont émis l'hypothèse que si ce type d'éléments disparait au bout de quelques nanosecondes, il pourrait exister un "îlot de stabilité" où ces derniers deviennent à nouveau stables.

"Les expériences concluantes sur l'élément 117 sont un pas important vers la production et la détection d'éléments situés sur "l'îlot de stabilité" des éléments super-lourds", a conclu dans un communiqué Horst Stcker, directeur scientifique du GSI Helmholtz Center for Heavy Ion Research.

 

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