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Publié par Scientifique

http://www.lepoint.fr/images/2013/03/14/dn-1182082-jpg_1053923.JPG

 

Des chercheurs viennent de réaliser une prouesse qui pourrait constituer un grand bond en avant pour l'étude des planètes extrasolaires.

 

C'est une étape décisive dans la quête des exoplanètes. Alors que détecter ces mondes extérieurs au système solaire de manière directe reste encore une prouesse, une équipe internationale de chercheurs vient non seulement de réussir à en photographier quatre simultanément, mais elle est aussi parvenue à obtenir du même coup des données sur leur spectre lumineux. Car si les planètes ne sont pas lumineuses par elles-mêmes, elles réfléchissent l'éclat de leur étoile, comme le fait la Lune avec le Soleil. Or, l'étude de ce spectre est un élément-clé dans la mesure où la décomposition de la lumière émise par une exoplanète fournit de précieuses informations sur la composition chimique de son atmosphère.

 

Cette image exceptionnelle a été réalisée dans le cadre d'un programme de recherche baptisé Project 1640 grâce à l'utilisation conjointe d'instruments très sophistiqués équipant désormais le télescope Hale du mont Palomar basé dans le sud de la Californie. Le système d'imagerie, unique en son genre, combine un spectrographe ultrasensible, la technique d'optique adaptative qui permet de contrecarrer le scintillement atmosphérique et la coronographie qui consiste à reproduire une éclipse totale (c'est-à dire à occulter le disque stellaire extrêmement lumineux) pour étudier ce qui se trouve dans le voisinage d'une étoile. Au final, il permet de distinguer des planètes une à dix millions de fois moins brillantes que leur étoile.

Une diversité étonnante

Quant aux exoplanètes ainsi imagées, ce sont quatre géantes gazeuses, âgées de seulement 30 à 100 millions d'années, et faisant entre cinq et treize fois la masse de Jupiter. Elles orbitent autour de la jeune étoile HR 8799 (1,6 fois plus massive et cinq fois plus brillante que notre soleil) située dans la constellation de Pégase, à quelques 128 années-lumière de la Terre. Ces objets sont donc relativement proches à l'échelle de notre galaxie. Cependant ils réservaient aux chercheurs de belles surprises... Alors que les scientifiques s'attendaient à ce que les spectres de ces exoplanètes, récemment formées et relativement proches les unes des autres, décrivent des atmosphères très similaires, ils ont découvert au contraire une grande diversité de composition chimique. Certaines présentent des traces d'eau, de CO2 et de méthane alors que d'autres sont majoritairement composées de cyanure d'hydrogène, d'ammoniac ou d'acétylène. Des combinaisons qui intriguent en outre beaucoup les astrochimistes, car certains éléments chimiques intimement liés devraient être présents ensemble et ne le sont pas.

Une chose est sûre cependant : ces atmosphères, chaudes (environ 920 degrés Celsius) et chargées de substances toxiques, ne sont pas compatibles avec le développement de la vie. Dommage ! Ce ne sera donc pas pour cette fois, mais la technique utilisée ouvre cependant de larges perspectives à l'exobiologie dans la mesure où elle permet d'embrasser les spectres de l'ensemble des exoplanètes d'un système y compris celles ne transitant pas devant leur étoile.

 

Regardez cette vidéo qui offre un voyage dans les étoiles voisines de notre système solaire et permet de situer HR 8799 et ses quatre planètes :


 

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