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Publié par Scientifique

http://www.lepoint.fr/images/2013/03/21/cmb-k-1212391-jpg_1087440.JPG

Le satellite livre une image inédite de l'Univers balbutiant, 380 000 ans après le big-bang. Une carte qui confirme en grande partie les théories existantes.

 

On s'attendait à un big-bang de la cosmologie de nature à révolutionner notre manière d'appréhender l'Univers, d'autant plus que l'Agence spatiale européenne avait ménagé le suspense jusqu'à la dernière seconde. Pourtant, il n'en est rien. Les résultats des mesures réalisées par le satellite européen Planck, dévoilés ce matin au siège de l'Agence spatiale européenne à Paris, sonnent plutôt comme une fantastique - et presque parfaite - confirmation du modèle standard de la cosmologie élaboré jusqu'ici par la science pour décrire l'évolution de notre Univers. Un véritable hommage au génie de l'esprit humain.

 

 

Un Univers un peu plus vieux

En révélant l'image la plus précise jamais réalisée de la toute première lueur émise dans l'Univers, 380 000 ans après le big-bang, lorsque les photons sont enfin parvenus à s'échapper de la dense soupe primordiale, les scientifiques ont pu vérifier un grand nombre de points théoriques. Car, en se donnant les moyens d'étudier les infimes variations de température de ce rayonnement fossile qui correspondent à des différences de densité du tout jeune Univers, la mission Planck a constitué une sorte d'empreinte des conditions physiques initiales capable de nous renseigner sur les mécanismes qui ont conduit à la formation des premières étoiles et des premières galaxies.

Mais alors que nous disent-elles ? Que quelques infimes fractions de seconde après le big-bang où l'Univers était extrêmement dense, chaud et opaque, celui-ci a bien connu une phase de dilatation extrêmement rapide et violente, baptisée inflation. Que celui-ci est aussi plat qu'une crêpe, alors que certains soupçonnaient encore qu'il pouvait être légèrement courbé. Que si celui-ci n'a jamais cessé d'être en expansion, il semble que celle-ci soit plus lente que ce que l'on pensait jusqu'à présent et que, par conséquent, notre Univers soit un peu plus vieux : 13,82 milliards d'années contre 13,75.

Une composition légèrement différente

Les résultats de Planck conduisent aussi à réviser légèrement le contenu de celui-ci : un peu plus de matière ordinaire qui compose les atomes que nous connaissons (4,9 % contre 4,5 %), bien plus de l'étrange matière noire que personne n'a encore jamais vue, mais qui constituerait la masse manquante des galaxies (26,8 % contre 22,7 %) et nettement moins de la tout aussi mystérieuse énergie noire qui serait responsable de l'accélération de l'expansion cosmique - puisqu'on sait que plus l'Univers avance en âge, plus les galaxies s'éloignent vite les unes des autres (68,3 % contre 72,8 %). Autant dire qu'il reste un certain nombre de presque inconnues dans cette recette de la soupe cosmique que la physique des particules parviendra peut-être un jour à caractériser.

Quelques anomalies stimulantes

Mais les résultats de Planck contiennent eux aussi des anomalies auxquelles l'astrophysique va devoir tenter de trouver une explication. Car, si à petite échelle (c'est-à-dire à celle des galaxies ou des amas de galaxies), les variations de température (donc de densité) révélées par Planck collent parfaitement avec les prévisions du modèle cosmologique standard, à une plus large échelle, celles-ci paraissent anormalement faibles. Un étrange grain de sable non identifié dont les théoriciens ne vont pas manquer de s'emparer dès les toutes prochaines semaines. Mais encore faudrait-il que ces bizarreries soient bien réelles, car elles peuvent encore provenir de quelques biais de mesure ou d'analyse des données. Décelées il y a seulement quelques semaines, alors même que la date du grand raout de l'ESA était déjà fixée, elles n'ont guère encore pu faire l'objet d'études approfondies. À vouloir aller plus vite que la musique, on rate parfois son effet...

 

Cette animation montre comment, à grand renfort de technologies et de travail, les équipes de Planck sont parvenues à isoler le rayonnement fossile de l'Univers de celui des objets plus récents et donc plus proches de nous :


 

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