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Publié par Scientifique

Le syndrome du choc toxique menstruel est une maladie infectieuse qui touche des femmes jeunes pendant leurs règles. Cette maladie est fort heureusement exceptionnelle. Mais elle peut se révéler mortelle. Le point avec le Pr Gérard Lina, président de la Société française de microbiologie.

Il y a quelques semaines, des médecins lyonnais tiraient la sonnette d'alarme, s'inquiétant de la recrudescence du nombre de déclaration de chocs toxiques liés aux règles. De 5 cas enregistrés en 2004, on est en effet passé à 19 cas en 2014, ce qui a alerté le Centre national de référence des staphylocoques des Hospices civils de Lyon.

Pour mieux comprendre ce phénomène, le Centre a lancé une collecte d'échantillons auprès des femmes utilisatrices de tampons afin de faire avancer la recherche. Car si le syndrome du choc toxique reste une maladie exceptionnelle, elle n'est pas anodine. "Sur 113 cas enregistrés au centre, il y a eu un décès mais surtout 80% des femmes touchées ont dû être admises en réanimation" explique le Pr Gérard Lina, chef de service au Centre hospitalier de Lyon et Président de la Société Française de Microbiologie. Les résultats de ces recherches devraient être publiés avant l'automne.

 

 

Syndrome du choc toxique : quelles sont les causes ?

Nous sommes tous porteurs de bactéries appelées staphylocoques dorés : elle font partie de la flore "normale" de tout individu. Mais lorsque l'un de ces staphylocoques présent au niveau vaginal se multiplie et qu'il est capable de le faire, il produit une toxine (la toxine TSST-1) capable de passer dans le sang et de provoquer le choc toxique chez les femmes qui n'ont pas d'anticorps contre cette toxine.

 

Pourquoi met-on en cause les tampons ?

En dehors des règles, le vagin a un pH acide, ce qui empêche le staphylocoque de s'y multiplier. Mais le sang menstruel modifie le pH qui devient neutre. "Avec le sang menstruel, le staphylocoque se procure tous les nutriments nécessaires à sa multiplication. Sa croissance est d'autant plus favorisée lorsque le sang est bloqué au niveau du vagin par un tampon ou tout autre dispositif intra-vaginal comme l a coupe menstruelle " explique le Pr Lina.

 

Syndrome du choc toxique : quels sont les symptômes ?

• Une fièvre soudaine et élevée (plus de 38,9°)

• Une sensation de malaise avec mal de tête ou une grande fatigue

• Des vomissements

• Une diarrhée soudaine

• Une éruption cutanée qui ressemble à un coup de soleil...

Ces symptômes représentent une urgence. Le premier geste à faire est de retirer le tampon ou la coupe menstruelle pour éliminer le sang et le staphylocoque et de les remplacer par une serviette périodique. Puis, il faut se rendre aux urgences pour que les médecins traitent au plus vite l'infection car en quelques heures la toxine va se diffuser dans l'organisme. Pour se défendre, celui-ci va favoriser l'irrigation sanguine des organes vitaux comme le cœur et le cerveau au dépend des membres. D'où le risque de nécrose et d'amputation, comme cela a été le cas pour la mannequin californienne Lauren Wasser .

 

Pourquoi une augmentation de la déclaration des cas ?

2 cas en 1999, 5 cas en 2004, 14 en 2011 et 19 en 2014 : le nombre de déclarations de choc toxique menstruel augmente. Mais le Pr Gérard Lina ne tient pas à être alarmiste. "Il s'agit peut-être tout simplement d'une augmentation des cas "déclarés" dus à une meilleure connaissance des médecins. Et cela reste une maladie exceptionnelle car seules 1% des femmes sont porteuses du staphylocoque doré qui peut être à l'origine de l'infection et la grande majorité d'entre elles ont naturellement acquis des anticorps contre cette toxine" explique le médecin.

Reste à savoir si ce risque peut évoluer en fonction de la composition des tampons. Pour l'instant, les médecins (tout comme les utilisatrices) disposent de bien peu d'informations sur cette composition. La vaste étude lancée par le Centre national de référence des staphylocoques des Hospices civils de Lyon pourrait bien apporter quelques réponses.

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