Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Scientifique

L’hypertension artérielle augmente le risque de maladies cardiovasculaires. En France, près d’un adulte sur trois en souffre, parfois sans le savoir. Il est recommandé de se faire dépister une fois par an, dès l’âge de 30 ans. Mais qu'entend-on exactement par tension artérielle basse, élevée ou normale ?

1 adulte sur trois est hypertendu en France. Parmi eux, la moitié ignore que sa pression artérielle est trop élevée. Mais au fait, comment savoir si sa tension est normale ou non ? 

Qu'est-ce que la tension artérielle ?

Ce qu’on appelle familièrement "la tension" reflète la pression du sang sur les parois des artères. À chaque battement, le coeur éjecte du sang vers les artères. En se contractant, les muscles de la paroi artérielle propulsent le sang dans l’ensemble de l’organisme. Ainsi, les organes reçoivent l’oxygène et les nutriments nécessaires à leur bon fonctionnement.

Cette pression varie dans la journée : le sang exerce une pression d’intensité variable sur la paroi des artères. Elle diminue dans la soirée, est au plus bas lors du sommeil et s’élève avant l’éveil. Dans la journée, elle s’adapte à l’activité physique. 

Les femmes doivent être particulièrement vigilantes !

Les femmes ont un risque accru de tension artérielle dans certaines situations : 

 

  • lorsqu'elles prennent la pilule - La contraception œstroprogestative peut augmenter la pression artérielle. Elle est contre-indiquée dans certains cas.
  • lorsqu'elles sont enceintes - La pression artérielle augmente, chez certaines femmes, au cours de la grossesse. Au-delà d’un certain seuil, il y a un risque de complications.
  • lorsqu'elles sont ménopausées - Le risque d’hypertension augmente naturellement après 50 ans, en lien avec la chute des oestrogènes.
Deux mesures de la pression artérielle

Pour mesurer la pression artérielle, on dispose d’appareils électroniques, des tensiomètres, très simples d’utilisation. Ainsi chacun peut évaluer lui-même sa tension, à domicile ou dans une pharmacie, parfois dans son entreprise. Le résultat affiché par l’appareil permet de savoir si sa tension est normale ou pas.

Quand le coeur se contracte et éjecte le sang, la pression artérielle est à son maximum. Cette pression, dite systolique, correspond au premier chiffre du tensiomètre. Quand le coeur se relâche pour se remplir à nouveau de sang, la pression dite diastolique est à son minimum.  

Comment bien évaluer sa tension artérielle ?

L’automesure tensionnelle s’effectue au repos, dans un environnement calme : pas de téléphone, pas de discussion animée, pas de cigarette non plus (le tabac augmente de 10 millimètre de mercure la tension systolique pendant les 20 minutes suivant chaque cigarette fumée). 

Il suffit de positionner le brassard autour du bras (le bras est préférable au poignet, car plus fiable) et d’appuyer sur le bouton de mise en route. Le brassard peut être directement en contact avec la peau ou sur une épaisseur fine de vêtement, une chemise par exemple.

À la fin de la mesure, l’appareil affiche deux valeurs: la pression systolique, qui correspond à la contraction du cœur (Sys sur l’écran) et la pression diastolique qui correspond au relâchement du cœur (Dia, le deuxième chiffre indiqué sur l'écran du tensiomètre). 

Les bons chiffres de la pression artérielle

La moyenne de 12 à 18 mesures, effectuées par automesurene doit pas dépasser 135/85 millimètres de mercure (mmHg). "Si l’un de ces deux chiffres dépasse ces limites, vous savez que le patient augmente son risque de maladies cardiovasculaires", observe le Pr Girerd, cardiologue et président de la Fondation de recherche sur l’hypertension artérielle*.

Les valeurs normales ne sont pas les mêmes en consultation face à un médecin et, au calme, à la maison. Elles peuvent ainsi varier de 10 à 20 mmHg de mercure sous l’effet du stress et de l’anxiété, le fameux effet "blouse blanche". 

Ces valeurs sont valables tout au long de la vie, mais, avec l’âge, la pression systolique s'élève. Aussi, chez les personnes de plus de 80 ans, la moyenne à ne pas dépasser est de 145/85.

 

Quel est le bon rythme pour mesurer sa tension ?

Selon le Pr Xavier Girerd, l' autodépistage de l'hypertension artérielle est conseillé dès l'âge de 30 ans, une fois par an, en particulier chez les personnes en surpoids, chez ceux dont les parents sont hypertendus, et chez les personnes qui ont une alimentation très salée.

Pour confirmer le diagnostic d'hypertension artérielle, il faut effectuer trois mesures le matin (20 mn après le lever), espacées d’une minute, et trois le soir avant le coucher, pendant trois jours. Une moyenne peut être calculée en prenant 12 à 18 mesures. Grâce à cet indicateur, le médecin traitant posera, éventuellement, un diagnostic d’hypertension artérielle et pourra, au besoin, instaurer un traitement.

Depuis le mois d’août 2019, ces données d’automesure peuvent être enregistrées sur une application gratuite, Dépist’HTA (sur IOS et Androïd), mise au point par la Fondation de recherche sur l’hypertension artérielle. Elle facilite ainsi le suivi. 

Que faire en cas de pic de tension ?

Parfois, et sans raison, la tension s'élève plus fortement, s'accompagnant de chaleur au visage ou d'un léger mal de tête. Ces "poussées de tension" sont plus fréquentes chez les sujets âgés : en vieillissant, les artères perdent en effet de leur souplesse. L’hypertension artérielle touche ainsi 6 % des 18-34 ans, plus de 28 % des 45-54 ans et plus de 67 % des 65-74 ans (source).

 
Quels sont les risques en cas de tension trop élevée ? 

 

L’hypertension artérielle (HTA) évolue sans donner de symptômes évidents. Silencieusement, elle accélère le vieillissement des artères avec des conséquences délétères pour plusieurs organes vitaux :

 

  • le coeur - Risque d’infarctus et d’insuffisance cardiaque.
  • le cerveau - Risque d’accident vasculaire cérébral et d’Alzheimer.
  • les reins - Risque d'insuffisance rénale.

 

Pour le médecin spécialiste, "une poussée de tension n'impose une prise en charge médicalisée urgente que si elle s’accompagne de signes neurologiques ou cardiaques. En cas de paralysie, d’essoufflement ou de douleur dans la poitrine, un appel au service d'urgence est indispensable", rappelle le cardiologue. 

 

Sinon, il est recommandé de se mettre au repos physiquement et psychologiquement pendant une quinzaine de minutes. En général, cela suffit à faire baisser la tension. Il faudra revoir son médecin traitant dans les jours suivant l'épisode pour faire le point et, éventuellement, ajuster le traitement contre l'hypertension.

Quand parle-t-on de tension trop basse ?

La tension n’est considérée comme anormalement basse que lorsque la pression systolique est inférieure à 90 en pleine journée. De telles valeurs sont naturellement atteintes au cours de la nuit, dans les phases de sommeil profond. Il arrive qu’au réveil, la tension soit encore un peu basse, provoquant des étourdissements. Si elle s'abaisse lors du passage de la position assise ou couchée à la position debout, on parle d’hypotension orthostatique. Cela peut provoquer des vertiges et le risque de chute est bien réel.

L'hypotension orthostatique est plus fréquente chez les personnes âgées, les diabétiques et au cours de la maladie de Parkinson. Lorsque le phénomène se produit chez une personne qui prend un médicament contre l'hypertension, il faut revoir son médecin traitant pour diminuer le traitement. 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article