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Publié par Scientifique

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Une étude montre que les femmes qui consomment de l'alcool, même en petites quantités, ont plus de risques de développer un cancer du sein. Des résultats à mettre en perspective avec les bienfaits attribués au vin rouge.

Faudrait-il s'interdire totalement de boire au nom de la prévention contre le cancer du sein ? Une étude publiée mardi confirme les liens entre ce type de tumeur et une consommation régulière d'alcool, même modérée.

Les auteurs ont suivi 105.986 participantes entre 1980 et 2008. Leurs observations, publiées dans le Journal of the American Medical Association (Jama), révèlent que la consommation de trois à six verres de vin par semaine accroîtrait le risque de cancer du sein de 15%. Les femmes qui boivent davantage, à savoir deux verres de vin par jour en moyenne, voient ce risque augmenter de 51% par rapport à celles qui ne boivent jamais d'alcool.

Ce risque persistera même si les femmes réduisent leur consommation de boissons alcoolisées au-delà de 40 ans. La nature de la boisson - bière, vin, alcool fort - ne change rien au résultat.

Faible accroissement du risque

Bien que le mécanisme précis de cette corrélation entre la consommation d'alcool et le cancer du sein reste inconnu, une explication possible pourrait être les effets de l'alcool sur le niveau des œstrogènes, hormones féminines qui favorisent la croissance des trois quarts des cancers du sein, relèvent les auteurs de l'étude.

Plusieurs experts interrogés dans la presse internationale nuancent néanmoins la gravité de ces résultats en rappelant que le risque de cancer mammaire, même accru par l'alcool, reste bas. Dans un éditorial accompagnant l'étude, le Dr Steven Narod du Women's College Research Institute de Toronto (Canada) souligne qu'en se basant sur ces travaux, des femmes âgées d'une cinquantaine d'années consommant deux verres ou plus par jour verraient leur risque de cancer du sein passer de 2,8% à 4,1%. Pour celles qui ne boivent qu'un verre par jour, il augmenterait de 2,8% à 3,5%. Les experts rappellent aussi qu'outre la consommation d'alcool, d'autres facteurs permettent de limiter les risques de cancer du sein, comme faire un régime en cas de surpoids, augmenter son activité physique et arrêter de fumer.

Le vin rouge, un cas à part

Autre raison de mettre ces résultats en perspective : la découverte récente d'un potentiel effet bénéfique du vin rouge dans le traitement du cancer du sein. Des chercheurs de la faculté de pharmacie de Calabre, en Italie, ont versé une dose de resvératrol, un composant du vin rouge, dans un tube à essai contenant des cellules de cancer du sein en culture. Ce contact a eu comme effet inattendu de bloquer la croissance de cellules cancéreuses, notamment celles présentant des récepteurs hormonaux aux œstrogènes. «Ces découvertes sont excitantes mais, en aucun cas, ne peuvent être une caution pour inciter les gens à boire du vin ou prendre des compléments de resvératrol pour se protéger du cancer du sein», expliquait au moment de la publication, en octobre, l'éditeur scientifique de la revue Fased Gerald Weissmann.

Enfin, l'effet bénéfique du vin rouge contre les maladies cardio-vasculaires a également été démontré dans de nombreux travaux scientifiques. Les experts recommandent donc aux femmes de prendre en considération leurs antécédents familiaux pour ajuster la consommation d'alcool la moins risquée pour leur santé. «Nous ne disons pas aux femmes d'arrêter totalement de boire de l'alcool, souligne le DrWendy Chen, professeure à l'Ecole de médecine de Harvard et premier auteur de l'article publié dans le Jama. Il revient à chaque femme de prendre sa décision au regard de ses propres risques de développer un cancer du sein, ou une maladie cardio-vasculaire».

 

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