Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Scientifique

http://l.yimg.com/bt/api/res/1.2/kOT9Z2Wfi1gR2inmCHoiag--/YXBwaWQ9eW5ld3M7Zmk9aW5zZXQ7aD0xNTU7cT04NTt3PTMxMA--/http://media.zenfs.com/fr_FR/News/LeMonde.fr/1388538_3_1cbe_le-changement-climatique-pourrait-entrainer-la.jpg

 

 

Sur le front climatique, les bonnes nouvelles sont suffisamment rares pour mériter un peu d'attention. La dernière en date est une étude conduite par Ghislain Picard, enseignant-chercheur au Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l'environnement (CNRS, université Joseph-Fourier de Grenoble), publiée, lundi 2 juillet, dans la revue Nature Climate Change et qui suggère qu'une bonne part du réchauffement de l'Antarctique sera évitée grâce à de subtiles variations de la couleur de la neige. Ou, plus exactement, grâce à l'évolution de la taille des petits grains qui la composent.

Pour comprendre, il faut savoir que plus ces grains sont fins, plus la neige réfléchit le rayonnement solaire, c'est-à-dire moins elle absorbe d'énergie. Il faut aussi savoir que la neige fraîchement tombée est composée de grains très fins, qui s'épaississent à mesure qu'elle vieillit sous l'effet de températures élevées.

"C'est une "rétroaction positive" bien connue, dit le climatologue Gerhard Krinner (CNRS), coauteur de ces travaux. Plus il fait chaud, plus les grains qui forment la neige s'épaississent et moins celle-ci est brillante. Donc plus elle absorbe d'énergie solaire et plus les températures montent..."

Le réchauffement du continent Blanc devrait donc conduire à un funeste emballement, le réchauffement alimentant plus de réchauffement, et ainsi de suite... Or ce n'est pas ce qu'observent les chercheurs. "Lorsque la température augmente, il y a un autre effet qui est l'augmentation de l'humidité, donc des précipitations, explique M. Krinner. Un degré supplémentaire, c'est environ 7 % de précipitations en plus."


PAS D'IMPACT SIGNIFICATIF

Donc un peu plus de neige nouvelle, très réfléchissante. Ce second effet va compenser le premier. C'est en tout cas ce que constatent les auteurs au centre de l'Antarctique : pour un réchauffement prévu de 3° C, environ 0,5° C sera évité. Cela n'aura cependant, hélas, pas d'impact significatif sur la température mondiale.

D'autant que, sur l'autre grande calotte glaciaire - celle du Groenland -, c'est l'inverse qui semble se produire. Des travaux conduits par Jason Box (université d'Etat de l'Ohio à Colombus), à paraître dans la revue The Cryosphere, montrent qu'en moyenne, l'albédo du grand inlandsis de l'hémisphère Nord - c'est-à-dire sa capacité à réfléchir le rayonnement - a perdu 6 % au cours des mois d'été, entre 2000 et 2011.

Ici, c'est donc l'assombrissement de la neige qui a pris le dessus sur l'augmentation des précipitations... Mais 6 %, direz-vous, ce n'est pas si important. Pour fixer les idées, Jason Box a calculé l'énergie excédentaire absorbée par la calotte de glace groenlandaise au cours de ces douze étés. Elle est d'environ 48 millions de (GWh), soit deux fois la totalité de la consommation énergétique annuelle des Etats-Unis, à son niveau de 2009.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article