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Publié par Scientifique

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Restreindre les apports en lipides chez les enfants de deux ans auraient des effets délétères à long terme, selon une étude française.

Vouloir trop en faire conduit parfois à des revers malheureux. Dans les années 1980 les lipides, montrés du doigt comme principaux responsables de l'augmentation du surpoids, ont fait l'objet d'une purge aujourd'hui partiellement remise en cause. Que les lipides, présents en trop grandes quantités dans l'alimentation des adultes, contribuent au développement de l'obésité, facteur de risque de nombreuses maladies graves, n'est plus à démontrer. Mais chez le jeune enfant, la chasse aux graisses s'avère au contraire contre-productive, selon les résultats d'une étude de l'Institut national de la recherche et de la santé médicale (Inserm).

 

Les chercheurs ont étudié les apports nutritionnels d'enfants nés en 1984 et 1985, de leur naissance jusqu'à leurs 20 ans. Plusieurs signes de surpoids ont été mesurés chez ces jeunes adultes: le poids, la graisse sous-cutanée, la masse graisseuse et le taux de leptine, une hormone participant à la régulation de l'appétit et des réserves de graisses de l'organisme.

Un effet boomerang délétère

Toutes ses mesures ont confirmé une masse grasse plus importante au niveau abdominal chez les personnes ayant eu de faibles apports en lipides avant l'âge de deux ans. Un résultat paradoxal mais pas surprenant pour Marie-Françoise Rolland-Cachera, coauteur des travaux. «Au cours de cette période précoce, l'organisme s'adapte pour prévoir l'environnement à venir. En cas de régime pauvre en lipides, le métabolisme sera programmé pour faire face aux déficits et ne sera pas préparé à faire face à des apports élevés en lipides ultérieurement», explique la chercheuse. «De fait, l'épidémie d'obésité qui a débuté depuis quelques dizaines d'années dans de nombreux pays a eu lieu parallèlement à une baisse des apports en lipides chez l'enfant», illustre-t-elle.

 

Les parents auraient donc initié un effet boomerang délétère en espérant préserver les enfants du risque d'obésité - en leur servant par exemple des laitages allégés comme le lait demi-écrémé.

 

Une hypothèse que ne partage pas le professeur Patrick Tounian, président de la société française de pédiatrie et pédiatre nutritionniste à l'hôpital Trousseau (Paris), qui rejette l'idée de tenir l'alimentation pour seule responsable de l'obésité infantile. «Pour expliquer le surpoids précoce, on a accusé tour à tour de trop grands apports en protéines, en sucres, et aujourd'hui un manque d'apports en lipides. Or, l'alimentation n'est qu'un des moyens d'expliquer l'obésité chez les jeunes, mais elle n'en est pas la cause. L'explication doit davantage être cherchée du côté de la régulation cérébrale de l'appétit, en particulier des prédispositions génétiques et épigénétiques qui dérèglent le centre de régulation du poids. Si tous ces mécanismes ne sont pas élucidés à ce jour, leur prédominance ne fait plus l'ombre d'un doute», estime le professeur Tounian.

 

Qu'on la juge néfaste ou sans intérêt, la restriction lipidique ne semble donc en aucun cas conseillée chez le jeune enfant, car avant deux ans, rien ne sert de réduire, il faut nourrir à point!

 

 

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