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Publié par Scientifique

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Le développement de l’agglomération grenobloise et de toute sa région est historiquement indissociable de ses ressources en eau fournie par le « château-d’eau » que représente les Alpes. Napoléon n’avait-il pas imaginé un projet pharaonique d’établissement de 1 800 bains militaires qui ne verra finalement pas le jour ? Dès la moitié du 19ème siècle, avec la maîtrise de l’énergie hydroélectrique, se développent dans la vallée du Grésivaudan, l’industrie papetière, grande consommatrice d’eau. Dans les années 1870, les industriels Joseph Bouchayer et Félix Viallet développent la métallurgie qui survivra jusqu’à dans les années 1980 ; sans oublier la ganterie, la chimie, etc.

L’époque contemporaine est également marquée par les enjeux autour de l’eau. La pureté de l’eau de Grenoble aujourd’hui est un atout essentiel pour la micro-électronique, qui recherche une « ultra-pure », un des fleurons de l’activité économique grenobloise. Politiquement aussi l’eau joue un rôle important. Ainsi, en 1965, le maire Albert Michalon, pourtant auréolé de sa victoire en décrochant les Jeux Olympiques d’hiver à venir, est battu par Hubert Dubedout, ingénieur de son état, qui avait su fédérer un grand nombre de Grenoblois privés d’eau durant la sécheresse de 1964.

 

Depuis l’immédiat après-guerre, s’est également créé le Syndicat Intercommunal des Eaux de la Région Grenobloise (S.I.E.R.G.), spécialisé dans la production d’eau, à destination, alors, des communes de la ceinture grenobloise. D’aucun conserve en mémoire les démêlés avec la justice de l’ancien maire et ministre de l’environnement [Alain Carignon, ndlr], à la suite de l’attribution du service des eaux à une filiale de la Lyonnaise et de la bataille politico-juridique qui s’en est suivie… Michel Destot, élu maire de Grenoble en 1995, a heureusement re-municipalisé l’eau via la Régie des Eaux de Grenoble. Existe-t-il aujourd’hui une controverse de l’eau à Grenoble ? Pour les habitants de l’agglomération grenobloise, l’eau, d’ailleurs d’excellente qualité (on pourrait la mettre en bouteille…) ne nécessite aucun traitement, ni chloration. L’histoire de l’eau à Grenoble l’a montré sans ambiguïté, l’eau restera un bien public à Grenoble.

 

Au-delà de ce manifeste, il convient d’être attentif au devenir de cette ressource qui, bien qu’abondante, reste par définition fragile et sensible à d’éventuelles pollutions toujours possibles ou de sur-consomation ponctuelle. Ainsi, le schéma de cohérence territoriale (S.C.O.T.) 2030 de la région urbaine ; « arrêté » récemment à la quasi-unanimité, intègre un volet important visant à la conservation de la ressource en eau pour les 273 communes qui composent celle-ci.

 

Même si beaucoup a été déjà fait dans le domaine de l’eau et son complément naturel l’assainissement, des chantiers restent ouverts, comme le mettent en exergue les « 100 mesures à débattre pour un développement durable » portées au débat par le S.C.O.T. : -inexistence d’une gestion collective des eaux pluviales ; -imperméabilisation croissante des sols due à l’urbanisation ; -risque, à l’horizon 2025 de déficit de ressources dans certains secteurs de la région urbaine soumis à une concurrence entre urbanisation et agriculture ; -sécurisation de certains secteurs géographiques non assurée.

 

Une première en France, la constitution de la Communauté de l’Eau Potable, ayant le même périmètre que le S.C.O.T., « témoigne de la volonté des acteurs de travailler ensemble ».

Un des chantiers engagés par la Communauté de l’Eau Potable est celui, au combien sensible, du prix de l’eau dans la perspective d’une éventuelle harmonisation (même si l’eau au robinet des Grenoblois reste une des moins chères de France).

 

Dans le prolongement de ce travail, la Métro (Communauté d’Agglomération Grenoble-Alpes Métropole) a engagé au cours de l’année 2011 une mission exploratoire en vue d’une éventuelle prise de compétence eau, complément naturel de celle de l’assainissement, déjà assurée par l’agglomération. Comme décidé à une très forte majorité par l’exécutif de la Métro en décembre dernier, ce chantier va se poursuivre en 2012. Toutes les pistes seront explorées visant, outre la préservation rationnelle de la ressource, la mutualisation des services de l’eau : 21 régies communales, 27 communes, 5 syndicats de production… Le fondement de cette démarche vise à aboutir à un service public de l’eau réaffirmé à l’échelle de l’agglomération grenobloise.

 

Le 9 mars prochain, en « avant-première » du Forum Mondial de l’Eau de Marseille, se tiendra à Grenoble, un événement labellisé par cette manifestation. Il sera l’occasion d’affirmer clairement l’attachement à un service public de l’eau de qualité. Le thème de cette journée d’échange ouverte à tous et en particulier aux participants du Forum Mondial sera : « l’eau, gouvernance et citoyenneté. » Cette journée permettra d’« ouvrir résolument la page de l’avenir de l’eau » à Grenoble !

 

Marc Baïetto Débat avec Anne Le Strat (présidente d’Eau de Paris) et Serge Orru (président de WWF France).

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