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Publié par Scientifique

http://img.maxisciences.com/pacu/le-pacu-est-une-espece-vegetarienne-apparentee-a-celle-du-piranha_62177_w460.jpg

 

Mardi, la préfecture de Police de Paris a annoncé avoir découvert un pacu dans la Seine. Ce poisson, originaire d'Amérique du sud, est un cousin du célèbre piranha. Une parenté qui lui vaut une réputation de monstre marin aucunement méritée puisqu'il est végétarien.


"Mangeur de testicules" ou encore "monstre marin", les appellations sont allés bon train depuis l'annonce faite par la préfecture de Police de Paris. Vendredi 30 août, un pêcheur a en effet déniché une espèce plutôt insolite dans la Seine : un pacu. Il a alors rapidement alerté la préfecture et la brigade fluviale qui n'ont pu que se rendre à l'évidence en voyant une photo du spécimen : il s'agissait bel et bien de ce poisson d'eau douce originaire d'Amérique du Sud.

Il n'en a pas fallu plus pour que certains s'enflamment sur la Toile et pour cause, le pacu est une espèce apparentée au piranha, ce redoutable carnivore dont la réputation n'est plus à démontrer (bien qu'elle soit souvent exagérée). Ainsi, beaucoup se sont alertés de la présence de ce poisson, en rappelant une légende qui circule : le pacu serait un "mangeur de testicules". Une réputation que l'espèce ne mérite aucunement puisqu'elle est végétarienne !

 

Une rumeur tenace

 

Si le poisson présente une puissante mâchoire et de grosses dents, c'est uniquement pour manger des fruits tombés dans l'eau, des noix notamment. Une alimentation confirmée par Bernard Hugueny, chercheur à l'IRD et au Muséum national d'histoire naturelle interrogé par MyTF1News : "Cette espèce n'a aucune raison de nous attaquer. Le seul risque est que les pêcheurs se fassent un peu mordre car le pacu a de grosses dents. Mais cette espèce n'est pas territoriale non plus, c'est-à-dire qu'elle ne fait pas de nids donc elle ne vous attaquera pas si vous vous approchez".

 

Cette légende de "mangeur de testicules" proviendrait notamment d'un documentaire sorti en 2011 et intitulé "River Monsters". Il raconte que des Papous se seraient faits manger les parties génitales par des pacus en quête de noix. Mais aucun article n'a réellement relaté de telles agressions perpétrées par des pacus. Certains spécialistes indiquent que des pêcheurs leur ont déjà évoqué des cas de morsure, notamment en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Mais quant à savoir s'il s'agissait réellement de pacus... De plus, on attribue parfois la même réputation à d'autres poissons.

 

Un poisson apprécié des aquariophiles

A l'âge adulte, les pacus peuvent mesurer jusqu'à 90 cm pour un poids atteignant environ 25 kg. Ils se retrouvent principalement dans les rivières et les cours d'eau liés aux fleuves Amazone et Orénoque. Depuis quelques années, ils sont également présents à certaines endroits en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Néanmoins, ils sont aussi des poissons exotiques appréciés des aquariophiles. Et c'est certainement de cette façon que ce pacu s'est retrouvé dans la Seine.

Avec un équipement adapté, il est possible de garder un pacu en aquarium. Mais, lorsque les spécimens atteignent 90 cm, il devient difficile de les conserver. C'est pourquoi certains propriétaires peu scrupuleux les relâchent dans la nature. Plusieurs spécimens ont d'ailleurs déjà été dénichés en Europe : en août dernier, un pacu a même été trouvé en Suède. Mais dans les cours d'eau européens, ces poissons ne représentent pas de danger, ils ont même peu de chance de survivre, comme l'explique Bernard Hugueny.

"En Europe, ces espèces ne peuvent pas passer l'hiver dans nos rivières et nos fleuves. Il fait trop froid. Dès que l'eau va refroidir, le pacu va mourir et ne pourra pas se reproduire", explique t-il.

 

Des "animaux de compagnie" abandonnés

Malheureusement, ce poisson n'est pas le seul à connaitre un tel sort et il est même fréquent que les plongeurs de la brigade fluviale de la police parisienne retrouvent des animaux insolites. En 2012, ils ont repêché un python royal sans tête de 3m de long et de 40 kg. En juillet 2009, c'est une tortue alligator qui avait été repêchée, a souligné la préfecture de police dans sa lettre hebdomadaire PPrama.

 

 

"Il s'agit souvent de nouveaux animaux de compagnie (NAC) qui ont grandi et que les propriétaires inconscients et débordés abandonnent en Seine quand ils ne savent plus les maîtriser", conclut-elle.

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