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Publié par Scientifique

 

 

ESPACE - L'atterrissage sur la surface de la Planète rouge est prévu à 7h31 lundi matin...

 

De notre correspondant à Los Angeles

Des milliers de scientifiques et de passionnés retiennent leur souffle. Lundi matin, à 7h31 (heure française), après un voyage de neuf mois, le module qui transporte le robot Curiosity doit pénétrer dans l'atmosphère martienne. Au terme d'une descente périlleuse baptisée les «7 minutes de terreur», le rover, de la taille d'une voiture, devrait se poser sur le sol de la Planète rouge et entamer une mission de deux ans.

 

Sa mission

La bande-annonce de la Nasa donne le ton: la mission Curiosity est la plus ambitieuse jamais envoyée sur Mars. Et aussi plus chère, à 2,5 milliards de dollars. Après Viking 1 en 1982, Pathfinder en 1997 ou Spirit et Opportunity en 2009, Curiosity va se promener sur le sol martien et l'analyser. Son objectif: évaluer l'habitabilité passée ou présente de notre voisine.

 

La descente

C'est l'un des moments les plus critiques. La sonde va pénétrer dans l'atmosphère martienne à 125 km d'altitude, à une vitesse de 21.000 km/h. Elle va alors décélérer et chauffer à plus de 900°, protégée par un bouclier thermique. A 11 km d'altitude, un parachute supersonique doit se déployer, réduisant la vitesse de 1.500 km/h à 450 km/h. A plus de 4 tonnes, le bébé est trop lourd pour un atterrissage en douceur. La partie supérieure et le parachute doivent donc se détacher, et des rétrofusées prendre le relais. Pour éviter des dommages, le reste de la sonde doit se stabiliser à 20 mètres du sol et, enfin, hélitreuiller en douceur le robot de 900 kilos jusqu'à ce que ses six roues touchent le sable martien.

 

Comment suivre la descente

La Nasa a mis le paquet. Sur Twitter ici et sur Ustream, avec un premier flux brut et un second agrémenté de commentaires ou encore sur NasaTV, avec une prise d'antenne prévue à 4h00 du matin. Malheureusement, il n'y aura pas de vidéo ni de photos diffusées pendant la descente. Avec une connexion de 8 kbits (sept fois plus lent que les modems 56k des années 90), il y a juste de quoi envoyer de courts messages sur la progression de la mission.

 

Curiosité appelle maison... Avec 14 minutes de différé

Comme les JO sur France télévisions, le spectacle ne sera pas exactement en direct. Il faut en effet 14 minutes au signal pour arriver jusqu'à la Terre, soit deux fois plus que la durée de la descente. Au moment où l'on recevra le top de l'entrée dans l'atmosphère, Curiosity aura donc en fait déjà touché le sol depuis 7 minutes. Ou sera déjà en miettes.

 

Les premiers clichés

La première photo basse résolution, en noir et blanc, devrait arriver 90 minutes plus tard, si tout va bien. Et il faudra compter au moins deux jours avant de recevoir des images haute-résolution.

 

Le lieu d'exploration

Curiosity doit se poser exactement ici, dans une plaine du cratère de Gale située près de l'équateur de la planète, avec une jolie vue sur le mont Aeolis, qui culmine à 5,5 km d'altitude. Le lieu exact de l'atterrissage est une ellipse à peine plus grande que Manhattan. Il faudra donc que la sonde manœuvre avec précision pour son approche finale.

 

Des instruments pour analyser quoi?

Le Rover embarque 75 kilos de matériel scientifique: c'est dix fois plus que Spirit et Opportunity en 2009. Curiosity est équipé de nombreuses caméras, peut creuser à cinq centimètres de profondeur et possède un long bras robotisé pour prélever des échantillons. Ses instruments, dont un laser chromatographe conçus avec la contribution du Cnes, ne chercheront pas directement des traces de vie mais plutôt à détecter des molécules complexes carbonées. On sait déjà que de l'eau a coulé sur Mars et existe encore, au moins sous forme de glace. Le robot traquera donc les briques élémentaires indispensables à la vie telle que nous la connaissons. Curiosity mesurera également le niveau de radiation à la surface de de la planète, un facteur capital en vue d'une éventuelle mission habitée. Mais pour cela, il faudra au moins attendre l'horizon 2040-2050.

 

Philippe Berry

 

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