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Publié par Scientifique

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Près de 500 gendarmes sont venus réveiller brutalement les opposants à la construction de l'aéroport, en leur donnant "30 minutes pour dégager".

Les forces de l'ordre ont lancé une vaste opération d'évacuation sur le site du projet d'aéroport Notre-Dame-des-Landes, vendredi 23 novembre. "C'est la guerre chez nous", témoigne une habitante du petit bourg de Loire-Atlantique, "c'est pire que sous Sarkozy".

Peu avant 7 heures, près de 500 gendarmes ont pénétré sur la ZAD, zone d'aménagement différé renommée zone à défendre par les opposants au projet qui occupent les lieux. La commune de Vigneux-de-Bretagne est bloquée. "Toutes les routes sont bloquées, on ne sait même pas comment on va pouvoir se rendre sur place", raconte l'habitante de Notre-Dame-des-Landes qui n'a, pour le moment, pas vu de gendarme au cœur du village où il pleut depuis le levé du jour.

Arrivé peu avant 9h dans le village, Gilles Denigot confirme le blocage de toutes les voies d'accès aux sites occupés par des militants. "On ne peut pas s'approcher. C'est scandaleux, nous assistons à une opération militaire injustifiée", tempête l'élu EELV du conseil général à Saint-Nazaire ouest.

D'autres élus sont attendus sur place. Ils exigeront de pouvoir approcher des lieux en cours d'évacuation afin de s'assurer que les opérations se déroulent dans des conditions acceptables.

30 minutes pour partir

Selon les informations de militants installés sur place, vers 6h30, les personnes qui dormaient sur le chantier des nouvelles cabanes construites lors de la mobilisation du week-end dernier ont été réveillées violement.

Les gendarmes se sont rendus au Rosier sur la commune de Vigneux-de-Bretagne vers 7h30 où ils ont donné 30 minutes aux occupants pour partir. Vers 8h30, la situation était plutôt calme, un délai ayant été négocié pour laisser le temps aux chauffeurs de la quinzaine de tracteurs qui entourent la maison du Rosier de venir sur place pour évacuer les engins.

Au cours de la négociation, les jeunes occupants du Rosier ont précisé qu'ils n'accepteront de partir qu'en groupe et avec les tracteurs.

Des agriculteurs arrivent en soutien

Dominique Guitton a passé la nuit au Rosier. Il raconte une arrivée violente des forces de l'ordre, portes et fenêtres de la maison fracturées. "Nous sommes entourés de CRS, ou de gardes mobiles, je ne sais pas trop, je ne suis pas spécialiste. Mais ils sont nombreux", raconte l'agriculteur. 

Outre le Rosier, La Lande de Rohanne et la Châtaigneraie doivent être évacuées, a précisé un porte-parole du ministère de l'Intérieur présent sur place. Gilles Denigot signale que les évacuations des nouvelles constructions sont réalisées par réquisition du préfet pour perquisition : "Ils vont pouvoir dire qu'ils ont trouvé des bonbonnes de gaz, de l'essence... Et pourront pourront ainsi prétendre que les occupants étaient armés."

Dès l'annonce de l'intervention de la gendarmerie, des agriculteurs de la région ont décidé de venir soutenir les militants de Notre-Dame-des-Landes. Ils savent qu'ils ne pourront pas pénétrer sur la ZAD vers laquelle convergent leurs tracteurs "mais ils arrivent pour nous soutenir et ça va se voir", se félicite un occupant du Rosier.

Depuis plusieurs mois, ces militants se sont installés sur le site du futur aéroport et comptent bien y rester. Le bras de fer entamé ce vendredi sera sans doute décisif.

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