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Publié par Scientifique

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Peur des rats, du vide ou du sang… les phobies sont nombreuses et variées. Si elles font régulièrement depuis quelques années, l’objet de films d’horreur – comme ‘Arachnophobia’ - elles n’ont pas toujours été considérées comme des maladies. Au Moyen Âge elles étaient même regardées comme des troubles « anecdotiques ». Depuis une cinquantaine d’années pourtant les choses ont changé. Et les phobies se traitent... Petit tour d’horizon de ces peurs extrêmes, qui affectent environ un quart de la population générale en France.

« Les phobies sont des maladies névrotiques qui se manifestent par l’apparition systématique et immédiate d’une peur intense et incontrôlable », explique le Dr Rachel Bocher, psychiatre au CHU de Nantes. Phobie des araignées (arachnophobie), des serpents (herpétophobie), peurs du vide ou du regard des autres… ces maladies de la peur se répartissent en deux grandes catégories :

- les phobies spécifiques concernent un objet, un élément naturel ou une situation bien particulière. C’est le cas de la peur des chiens, de l’orage, de la peur de prendre l’avion et même pour certains… des bras nus ;

 

- les phobies complexes, sont beaucoup plus invalidantes au quotidien. Elles aliènent significativement la liberté du patient. Il s’agit des phobies sociales et des troubles paniques. Les premières correspondent à la peur du regard et du jugement d’autrui. Peur de répondre à des questions, de passer des examens ou d’utiliser des toilettes publiques…

Ces phobies entrainent souvent un évitement social, et limitent les activités de ceux qui en sont victimes. Les troubles paniques comme l’agoraphobie, correspondent quant à eux à un malaise dans les lieux publics.

 

Quelles en sont les causes ? « Les phobies n’ont rien d’inné. Toutefois, elles peuvent trouver leur origine dans un héritage familial ou collectif. Ces peurs intenses sont souvent développées après une expérience traumatique », indique Rachel Bocher. Elles apparaissent fréquemment à l’adolescence, puis elles s’atténuent, ou au contraire s’amplifient pour se structurer en maladie névrotique avec le temps.

 

« Quel est le seuil de la peur ? C’est là une question essentielle. En effet, la peur est un sentiment tout à fait naturel. Mais la différence entre une peur bénigne et une phobie se situe dans le seuil de déclenchement de l’angoisse, qui peut se manifester systématiquement par des troubles somatiques comme une tachycardie, des suées profuses, une perte de connaissance… », souligne-t-elle. Dans le cas de l’agoraphobie, cette angoisse peut se transformer en panique, entrainant une perte totale de contrôle.

 

Les conséquences de ces phobies en termes de qualité de vie, peuvent être très importantes. Lorsqu’un phobique tente à tout prix d’éviter l’objet de sa peur, sa vie sociale peut devenir difficile voire impossible. D’autant que « l’angoisse anticipatoire provoque une mésestime de soi, voire un sentiment de honte » note Rachel Bocher. Pour les autres, ceux qui tentent de se confronter à l’objet de leur angoisse, la phobie peut être source d’épuisement et les conduire à des comportements à risque, comme la consommation de stupéfiants.

 

Plusieurs types de traitements peuvent être envisagés. « Des anxiolytiques ou des antidépresseurs adaptés peuvent être administrés à certains patients. Dans d’autres cas, ou parfois en complément des médicaments, une psychothérapie comportementale et cognitive ou une psychothérapie analytique peuvent être menées », conclut-elle.

 

 

Source : Interview du Dr Rachel Bocher, psychiatre au CHU de Nantes, 9 septembre 2011

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