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Publié par Scientifique

http://blog.slate.fr/globule-et-telescope/files/2012/02/froid.jpg

 

On en entend parler à chaque bulletin météo par ces jours de grand froid. Au chiffre de la température en degrés Celsius s’ajoute une autre valeur appelée «température ressentie», encore appelée refroidissement éolien ou facteur vent. Cette dernière est plus basse que la température enregistrée par les thermomètres lorsque le vent souffle, comme cette bise sibérienne qui balaye actuellement la France.

 

Mais de quoi s’agit-il? Comment la calcule-t-on?

En fait, ce n’est pas très simple. L’objectif de la «température ressentie» (Windchill en anglais) est de tenir compte de l’impact du vent sur la peau humaine directement exposée au froid extérieur. Tout le monde a fait l’expérience de cette sensation glaciale qui accompagne le vent d’hivers. Au contraire, par grand froid dans un air calme, le corps humain souffre nettement moins.

 

La différence tient aux échanges thermiques entre la peau et l’air ambiant. Lorsque ce dernier est immobile, il se crée un gradient entre les 37°C de l’intérieur du corps humain et la température extérieure. La température varie progressivement. Le visage se trouve ainsi recouvert par une sorte d’isolation thermique constituée par la fine couche d’air qu’il a lui-même chauffée. L’air étant un excellent isolant, la protection est efficace. Au moins pendant un temps. Le refroidissement du corps se poursuit mais lentement.

 

Lorsque le vent souffle, ce phénomène n’est plus possible car la fine couche d’air chaud est sans cesse balayée. D’où une sensation de froid accentuée. mais comment la calculer? Les chercheurs se sont penchés pendant des années sur ce problème qui n’est pas sans rappeler celui de la pondération des décibels pour rendre compte de la perception du bruit par l’être humain (dB(A)).

 

Une formule complexe et contestée

La première formule et tables de températures ressenties ont établies pendant la Seconde Guerre mondiale dans l’Antarctique (Paul Allman Siple and Charles Passel) et utilisée dans les années 1970. En 2001, les Etats-Unis et le Canada ont adopté une nouvelle formule développée par des scientifiques et des médecins des deux pays. Ces derniers ont mesuré le transfert de chaleur qui se produit sur un visage exposé au vent lorsque la personne se déplace à une vitesse de 1,4 mètre par seconde. Ils ont abouti à la formule suivante:

 

 

Twc est la température ressentie, Ta est la température de l’air en degrés C et V est la vitesse du vent en km/h mesurée à 10 mètres.

 

On note tout de suite que le calcul n’est pas simple et que son résultat ne donne pas vraiment des degrés Celsius, les valeurs utilisées dans la formule ayant des unités incompatibles (une valeur sans unité à laquelle on ajoute des °C dont on soustrait des km/h avant de leur ajouter des °C multipliés par des km/h…). Par ailleurs, certains experts contestent la validité des hypothèses de base qui ne prennent en compte, par exemple, que le visage et négligent l’effet thermique de l’ensemble du corps ainsi que l’impact des vêtements chauds. La formule n’est donnée valable que pour des températures ambiantes inférieures à 10°C et des vitesses de vent supérieures à 4,8 km/h. Enfin, elle ne tient pas compte de l’humidité de l’air contrairement à la formule différente adoptée par l’Australie.

 

Malgré ces limitations, qui sont peut-être à l’origine de l’absence de mention, semble-t-il, de la température ressentie sur le site de Météo France, on trouve des sites, comme celui-ci, permettant de calculer cet indice dans la mesure où l’on connaît à la fois la température ambiante et la vitesse du vent… On peut aussi se référer à des tables comme celle-ci:

 

 

 

Michel Alberganti

Photo: Cold Man Freezing in Miserable Winter Snow Storm / Pink Sherbet via FlickrCC License by

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