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Publié par Scientifique

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Des analyses des cadavres ont révélé des taux d'hydrogène sulfuré, un gaz toxique dégagé par les algues en putréfaction...

Les algues vertes responsables de la mort des sangliers retrouvés dans les Côtes d'Armor? Impossible à dire, disent les experts. Pourtant, les résultats d'analyses rendus publics lundi par la préfecture ont de quoi interpeller sur le rôle de ces végétaux toxiques.

Cinq marcassins sur les six animaux analysés par des laboratoires de Lyon et Strasbourg présentaient en effet des taux d'hydrogène sulfuré (H2S), le gaz toxique dégagé par les algues en putréfaction, allant de 0,14 mg/kilo à 1,72 mg/kilo. Mais de là à les incriminer formellement, il y a un pas que les autorités refusent de franchir.

«Avec des telles différences de valeurs, on ne peut en tirer aucune conclusion. On manque de recul car il n'y a aucune étude biologique qui permettrait de connaître les seuils de dangerosité de l'hydrogène sulfuré», a déclaré à Reuters un porte-parole de la préfecture. Le sixième marcassin ne présente aucune trace du gaz potentiellement mortelle. Pour les autorités, la mortalité subite de ces animaux restent une énigme.

Du poison dans le corps d'un marcassin

Au total, 36 cadavres de sangliers ont été ramassés en dix jours sur la plage ou à proximité des rivages de Morieux, dans les Côtes-d'Armor, où se jette la rivière du Gouessant. Plusieurs hypothèses ont été retenues: la présence d'algues vertes sur la plage qui a été fermée au public, les effets toxiques de cyanobactéries retrouvées dans une retenue d'eau en amont ou un empoisonnement volontaire.

L'analyse du seul marcassin ne présentant aucune trace d'hydrogène sulfuré a révélé des traces de chloralose, un produit utilisé pour empoisonner les rongeurs mais en quantités insuffisantes pour expliquer la mort de l'animal. Celui-ci va faire l'objet d'analyses complémentaires.

Pour les associations écologistes, il ne fait guère de doute que les algues vertes qui dégagent de l'hydrogène sulfuré sont à l'origine de l'hécatombe.

Un cheval mort en 2009

En 2009, 1,18 mg par kilo d'H2S avait été retrouvé dans un cheval asphyxié par ce gaz sur la plage de Saint-Michel-en-Grève, dans les Côtes-d'Armor. Le gouvernement avait alors décidé d'un plan de lutte contre les marées vertes.

«On déploie toutes les énergies pour inventer un mensonge crédible», a estimé Yves-Marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor, après la publication des dernières analyses. Cet écologiste a procédé la semaine dernière à des mesures d'hydrogène sulfuré dans un secteur de la plage de Morieux qui font apparaître en plusieurs endroits des concentrations très toxiques.

Avec Reuters

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