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Publié par Scientifique

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An unidentified man suffering from Alzheimer's disease and who refused to eat sleeps peacefully the day before passing away in a nursing home in the Netherlands.

To match feature DUTCH-EUTHANASIA REUTERS/Michael Kooren (NETHERLANDS)

 

Un médicament pour traiter une forme rare de cancer, testé sur des souris atteintes d'Alzheimer, est parvenu à inverser les caractéristiques de la maladie. 

Une avancée de la recherche non négligeable. Un médicament contre le cancer a rapidement restauré les fonctions cérébrales normales de souris de laboratoire atteintes de l'équivalent d'Alzheimer. Cette découverte pourrait déboucher sur un traitement pour cette maladie incurable et dévastatrice, révèle une étude publiée jeudi.  

Non seulement cet anti-cancéreux, le bexarotene, a fait disparaître chez ces souris jusqu'à 75% des plaques de bêta-amyloïde, une forme de protéine dont l'accumulation est une des principales caractéristiques pathologiques d'Alzheimer mais il a aussi inversé les symptômes de cette maladie, comme la perte de mémoire. Le bexarotene, initialement développé par le laboratoire américain Ligand Pharmaceuticals sous le nom de marque Targretin, avait été approuvé par l'Agence américaine des médicaments (FDA) en 1999.  

 

Des effets rapides

Il traite un cancer rare dit lymphome cutané à cellule T. Le laboratoire japonais Eisai a racheté les droits mondiaux du bexarotene en 2006. Tout juste 72 heures après avoir commencé le traitement avec le bexarotene, les souris de laboratoire - génétiquement modifiées pour développer l'équivalent de la maladie d'Alzheimer - ont commencé à montrer des comportements normaux, expliquent les chercheurs à l'origine de cette étude. Ces animaux ont ainsi retrouvé leur mémoire et le sens de l'odorat, explique le Dr Daniel Wesson, professeur adjoint de neurosciences à la faculté de médecine Case Western à Cleveland (Ohio, Nord), principal co-auteur de l'étude publiée dans la revue américaine Science datée du 10 février.  

 

Cette avancée est "sans précédent", juge Paige Cramer, un chercheur de la faculté de médecine Case Western qui a contribué à cette recherche: "jusqu'alors le meilleur traitement existant chez des souris de laboratoire prenait plusieurs mois pour éliminer les plaques amyloïdes". "Ce médicament est efficace chez les souris et notre prochain objectif est de s'assurer qu'il agit de la même manière chez les humains", ajoute le Dr Gary Landreth, professeur de neurosciences dans cette même faculté et principal auteur de l'étude. "Nous sommes encore au tout premier stade de nos efforts pour transformer cette découverte de recherche fondamentale en un traitement", note ce chercheur.  

Des résultats dès l'année prochaine?

 

Selon le Dr Wesson, l'équipe de recherche "espère obtenir les premiers résultats d'un essai clinique préliminaire d'ici l'année prochaine". Cette recherche est basée sur la découverte en 2008 par le Dr Landreth du fait que le principal véhicule du cholestérol dans le cerveau est une protéine appelée Apolipoprotéine E (ApoE), qui facilite aussi la destruction des bêta-amyloïdes. Un accroissement des niveaux de cette protéine dans le cerveau accélère le "nettoyage" des plaques amyloïdes qui s'y sont accumulées, expliquent les chercheurs. La maladie d'Alzheimer se développe en grande partie quand l'organisme, en vieillissant, perd la capacité d'éliminer le bêta-amyloïde qui se forme naturellement dans le cerveau, rappellent-ils. Il apparaît que le bexarotene reprogramme les cellules immunitaires dans le cerveau pour qu'elles puissent de nouveau "dévorer" les dépôts amyloïdes. 

 

REUTERS/Michael Kooren

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