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Publié par Scientifique

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Comment un virus est-il baptisé? C'est la question que se pose le magazine Pacific Standard, constatant la variété de noms associés au nouveau coronavirus.

 

Après plusieurs dénominatifs avancés dans les médias, ce sera finalement le «Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient», ou MERS-CoV, lisait-on en mai 2013 dans le Journal of Virology. C'est le groupe d'étude du coronavirus qui a tranché.

La question n'est pas nouvelle, elle se pose à chaque fois qu'un nouveau virus mortel fait son apparition. C'était déjà le cas avec le VIH:

«Il y a 30 ans, quand le virus de l'immunodéficience humaine, ou VIH, a été découvert, il était appelé "syndrome gay" ["GRID" ou "gay-related immune deficiency" en anglais], ce qui a aidé à répandre l'insulte de "peste gay". Il a fallu attendre qu'il devienne évident que le virus sexuellement transmissible contaminait également les hétérosexuels et les hémophiles pour que le "syndrome gay" soit remplacé par le VIH, plus exact.»

Autre cas célèbre: le virus H1N1, aussi connu sous le nom de virus de la grippe A, ou virus de la grippe porcine. C'est l'Organisation mondiale de la santé qui arrête en avril 2009 la terminologie «grippe A (H1N1)».

«Grippe porcine»? Problématique pour Israël, rapporte le Figaro:   

«En hébreu, la "grippe porcine" se traduit par "la grippe des porcs", or dans la religion juive le cochon est considéré comme un animal impur. Pour ne pas avoir à prononcer le nom de la bête, le vice-ministre israélien de la Santé, l'utra-orthodoxe Yaakov Litzman, avait retenu le terme de "grippe du Mexique".»

«Grippe mexicaine» alors? Trop stigmatisant, répond l'ambassadeur du Mexique à Paris de l'époque, Carlos de Icaza: 

«L'utilisation de ce type de dénomination est discriminatoire et nuit à l'image d'un pays qui lutte de façon rapide et efficace pour éviter la propagation de ce virus et dont la stratégie a été reconnue par plusieurs Etats et organismes tels que l'OMS et l'Organisation panaméricaine de la santé (...) Pourquoi cibler le Mexique? Je ne l'accepte pas. Ce n'est pas le seul foyer. Ça a commencé en Amérique du Nord, pas seulement au Mexique.»

Autant de difficultés qui avaient poussé la Commission européenne à proposer le nom de «nouvelle grippe» –tout comme on a parlé de «nouveau coronavirus»– une dénomination peu satisfaisante car un virus n'est nouveau que jusqu'à ce qu'un autre nouveau virus arrive. 

Comment les organisations internationales arrivent-elles alors à faire un choix? Raoul de Groot, directeur du groupe d'étude du coronavirus explique:

«Clairement, appeler des virus et des maladies d'après l'ethnie, la religion, le genre ou le style de vie est potentiellement stigmatisant et offensant et donc inacceptable (...). Toutes les parties impliquées étaient conscientes du caractère sensible des dénominations géographiques et l'affaire a été pesée avec prudence.»

C. S-G

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