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Publié par Scientifique

Sentinelles des glaces : l'aventure pour sensibiliser les nouvelles générations à la fonte de la banquise (Crédit photo: Les Robinsons des Glaces)
Info rédaction, publiée sur maxisciences le 18 mars 2011

A l'occasion du lancement de l'expédition "Sentinelles des glaces" le 28 mars prochain, Maxisciences a interviewé Luc Denoyer, un des trois participants de l'aventure menée par l'association Les Robinsons des Glaces.

Les Robinsons des Glaces est une association qui rassemble des personnes de tous horizons : aventuriers, artistes ou scientifiques, qui souhaitent sensibiliser le public à la disparition de la banquise polaire. Dans cette visée, ils ont monté le projet pédagogique "Sentinelles des glaces" en partenariat avec des institutions de recherche telles que le CNRS et le Centre national d'études spatiales (CNES). Après une étape de sensibilisation auprès des scolaires, Emmanuel Hussenet, Luc Dénoyer et Lisa, une jeune fille de 12 ans, vont se lancer dans une expédition sur la côte est du Groenland pour récolter des données sur la fonte des glaces.

Maxisciences - Comment se prépare un tel projet ?
Luc Dénoyer - "Sentinelles des glaces" est un projet à deux volets : d'une part la mission scientifique en tant que telle, mais aussi le travail pédagogique qui s'effectue en amont auprès des classes. Dans cet objectif, nous sommes intervenus dans un premier temps dans les écoles afin d'apporter notre témoignage de passionnés de l'Arctique. La préparation de l'expédition a ensuite consisté à rassembler le matériel nécessaire pour les mesures de données scientifiques. Pour ce qui est de la logistique, nous avons nos habitudes et nos contacts. Les attelages de chiens de traîneaux avec lesquels nous nous déplacerons, nous seront prêtés par des Inuits une fois au Groenland.

Quelles seront sur place les étapes de votre expédition ?
Tout d'abord nous nous rendrons sur la banquise annuelle du fjord de Scoresbysund qui à cette époque est gelée. Nous y creuserons un trou pour immerger la "bouée Sentinelle". Il s’agit d’une bouée géostationnaire munie de capteurs (température, luminosité, salinité) destinée à des recherches scientifiques. Nous nous rendrons par la suite plus au sud, à travers la banquise mobile pour déposer sur une plaque la plus épaisse possible, la "Capsule Sentinelle". Cette Capsule qui renferme des messages d'enfants sera surmontée d’une balise Argos pour permettre de suivre par satellite son parcours. L’expédition devrait en tout durer 15 jours.

En terme de moyens comment une telle expédition peut-elle voir le jour ?
Pour le moment nous sommes en autofinancement. Pendant notre voyage, nous comptons prendre des images et des vidéos dans le but de les vendre à notre retour.
Du matériel nous est néanmoins prêté, notamment par le CNES  qui nous fournit la balise Argos pour localiser la Capsule avec une précision d’environ 150 mètres.

Que vous apportent vos partenariats avec des institutions de recherche, CNRS et CNES ?
Le CNRS représente un partenaire précieux dans l'interface pédagogique du projet "Sentinelles des glaces". Il consacre du temps auprès des écoles pour expliquer le fonctionnement de la "bouée sentinelle". Le CNES quant à lui récolte et exploite les données de la bouée qui lui sont transmises par satellite.  Cependant pour que ces mesures relèvent une réelle évolution de la banquise au cours du temps, il faudra replacer la "bouée sentinelle" régulièrement les années suivantes à la même période. On peut donc s'attendre à d'autres expéditions "Sentinelles des glaces".

D'où part cette idée d'un projet pédagogique ?
Ce projet est tout à fait nouveau pour Les Robinsons des glaces. L’idée nous est venue après notre expédition l’année passée. Nous sommes partis deux mois en kayak sans assistance pour nous installer sur une plaque mobile et vivre la dérive. Cette aventure avait provoqué un engouement médiatique sur l’exploit considéré comme une grande première. Cependant, avec les plaques qui deviennent de plus en plus fines, ce voyage aurait dû être perçu comme le dernier de ce genre. Plus jamais nous ne pourrons renouveler l’expérience, cela représente un trop grand risque. Dès lors, nous avons mesuré l’importance de sensibiliser les générations à venir sur l’évolution de la banquise.

Comment comptez-vous toucher les nouvelles générations ?
Nous souhaitions impliquer les jeunes dans notre aventure, c’est pourquoi nous avons proposé à Lisa, une jeune fille de 12 ans, de nous accompagner. Par ses témoignages, elle pourra faire part à ceux de sa génération de l’avancée de notre expédition. De plus, les élèves pourront suivre avec leur professeur le chemin de la Capsule sur Internet. Par ces moyens pédagogiques vivants et attrayants, nous espérons que les jeunes s’approprieront cette démarche de sensibilisation.

Pourquoi avoir créé la Capsule contenant des messages d'enfants ?
La Capsule a une valeur symbolique. Elle a été réalisée entièrement par les élèves du lycée des métiers Roland Garros à Toulouse. Elle renferme des textes, dessins et poèmes que les jeunes ont voulu confier à la banquise. Elle est comme un message d’une bouteille jetée à la mer.

Qu'attendez vous d'une telle expédition?
Concernant les résultats nous ne pouvons pour le moment que proposer des hypothèses. Nous nous attendons à récolter des données révélant la baisse de salinité de l’océan provoquée par la fonte des glaciers. Nos résultats pourront être corrélés à l’incidence sur la faune maritime. Nous espérons que notre aventure touchera le plus de personnes possible. Il est difficile de trouver le ton efficace dans la sensibilisation à l’environnement sans tomber dans les discours alarmistes. Peut être que la beauté et la poésie du projet pourront amener les gens à se questionner quant aux impacts de leur activité sur les écosystèmes de la planète.

Information exclusive. Toute reproduction interdite sans mention explicite du site Maxisciences. 

maxis1

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