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Publié par Scientifique

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Un enfant atteint de symptômes sévères a été opéré en Allemagne.

Pour la première fois au monde, la stimulation profonde, une technique neurochirurgicale consistant à implanter des électrodes dans le cerveau, a été utilisée dans l'autisme. Les résultats ont été publiés le 21 janvier dans une revue médicale secondaire,Frontiers in Human Neuroscience. Ils n'auraient peut-être pas retenu l'attention si l'opération n'avait pas été effectuée par le célèbre neurochirurgien allemand de l'hôpital universitaire de Cologne, Volker Sturm. Pour l'instant, les experts interrogés par Le Figaroy voient plus une piste de recherche qu'un espoir de traitement. D'autant qu'il s'agit d'un cas très particulier.

 

Le jeune garçon de 13 ans qui a été opéré est atteint d'un autisme de Kanner sévère avec un comportement d'automutilation mettant sa vie en danger. À tel point qu'il doit être attaché la plupart du temps. Il souffre également d'une infirmité motrice cérébrale et se trouve confiné au fauteuil, incapable de se tenir debout ou de marcher sans aide. Or, deux ans après l'opération, ces symptômes semblent s'être améliorés grâce aux électrodes placées au cœur même de son cerveau, dans l'amygdale, une petite structure aux multiples fonctions.

Le risque de faux espoirs

Dans le cas précis du petit patient allemand, l'impasse thérapeutique était totale puisque même les médicaments neuroleptiques utilisés aux doses maximales ajoutés à des sédatifs ne parvenaient pas à éviter les comportements auto-agressifs, ce qui a décidé l'équipe allemande à agir. «Des nouveaux traitements plus efficaces sont absolument nécessaires pour aider de tels patients. Il faut féliciter l'équipe de Sturm qui a cherché à résoudre cette situation difficile et tout fait pour aider le patient», estime ainsi Andres Lozano, professeur de neurochirurgie à l'Université de Toronto (Canada) et lui-même engagé dans des recherches sur la stimulation cérébrale profonde dans la maladie d'Alzheimer (nos éditions du7 décembre 2011).

 

Plus réservé, le Pr Sylvie Tordjman, responsable du pôle hospitalo-universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent de Rennes, craint que l'annonce de ce cas unique, pour un enfant associant de surcroît plusieurs troubles, ne suscite de faux espoirs: «Il est un peu réducteur de penser qu'une zone cérébrale égale une fonction tant sur le plan comportemental que cognitif. Cela dit, cette approche ouvre tout de même des perspectives de recherche intéressantes car l'amygdale intervient aussi dans l'anxiété, fréquente chez les autistes.»

 

Mais avoir choisi une cible aussi peu spécifique que l'amygdale est précisément ce qui ennuie le Pr Marc Vérin, chef du service de neurologie du CHU de Rennes: «Les fondements anatomiques de cet essai sont contestables. On sait que dans l'autisme les lésions sont extrêmement diffuses, remarque ce spécialiste. Si les neurochirurgiens visaient les comportements d'automutilation, pourquoi ne pas avoir mis les électrodes dans le pallidum interne? La stimulation profonde de cette région, moins dangereuse et mieux connue, permet en effet d'éliminer l'auto-agression, parfois présente, dans le syndrome de Gilles de la Tourette (tics associés à des troubles du comportement, NDLR)».

Solange Guenez, responsable des programmes de recherche médicale à la Fondation de France note que «de plus en plus de projets de recherche portent sur le développement normal et pathologique du cerveau. Certains supposent que l'autisme n'est pas qu'une question de lésions d'aires cérébrales mais aussi un problème de connexions, ce qui complique les choses».

 

L'amélioration des symptômes observée par l'équipe allemande interpelle le Dr Éric Lemonnier, psychiatre au CHU de Brest, en particulier à propos de l'auto-agressivité. Selon lui, «le score amélioré est celui des symptômes les moins spécifiques de l'autisme». L'initiative du Pr Sturm peine visiblement à convaincre.

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